Les 10 meilleures solutions de sauvegarde WordPress comparées (2026)

par Francis Rozange | Oct 1, 2026 | WordPress

Dans la nuit du 9 au 10 mars 2021, un incendie ravage le centre de données d’OVH à Strasbourg. Parmi les clients touchés, un réseau de franchises de courtage en travaux perd d’un coup son serveur et sa sauvegarde. Sa sauvegarde quotidienne, répliquée trois fois, se trouvait dans le même bâtiment que le serveur.

Son dernier épisode connu s’est joué devant la cour d’appel de Douai, en avril 2025, et elle contient à peu près tout ce qu’il faut savoir sur la sauvegarde d’un site. Nous la racontons en détail plus bas.

Sa leçon tient en une phrase : une sauvegarde ne vaut que par la restauration que vous avez testée, depuis un endroit que le même incident ne peut pas atteindre.

Les dix solutions comparées ici sont jugées selon ce critère : comment on restaure, où sont stockées les copies, ce qu’elles coûtent vraiment, et ce qu’elles ne font pas.

Comment nous les avons classés

Nous avons retenu six critères. Le premier est le chemin de restauration : depuis l’administration, et surtout quand le site ne répond plus. Le deuxième est le stockage hors du serveur. Le troisième est la sauvegarde incrémentale, qui ne copie que ce qui a changé et allège la charge des gros sites.

Viennent ensuite la cohérence de la base de données (une boutique qui prend des commandes pendant la sauvegarde), la prise en charge de WordPress Multisite, et le prix réel, renouvellement compris. Les installations et les tarifs ont été relevés en octobre 2026 sur WordPress.org et sur les pages officielles des éditeurs.

La règle 3-2-1 en une minute

L’agence américaine de cybersécurité CISA la résume ainsi : trois copies des fichiers importants, sur deux types de supports différents, dont une hors site. Elle ajoute deux consignes qu’on oublie souvent : tester la procédure de restauration, complète et partielle, et pouvoir revenir au moins sept jours en arrière.

La documentation de WordPress va dans le même sens. Elle recommande de garder au moins trois à cinq sauvegardes récentes dans des lieux différents, et de compléter de temps en temps les sauvegardes automatiques par une sauvegarde manuelle, pour vérifier que le processus fonctionne.

Sauvegarde, restauration, reprise : trois choses différentes

Une sauvegarde est une copie. Une restauration est l’opération qui remet cette copie en service, avec ses délais et ses pièges : base trop lourde pour l’outil d’import, médias manquants, adresses à réécrire. Un plan de reprise après sinistre décrit qui fait quoi, dans quel ordre et sur quelle infrastructure de secours, quand le serveur a disparu.

Les plugins de cette liste gèrent surtout la première, parfois la deuxième. La troisième reste à votre charge. Deux chiffres vous aident à la cadrer : la durée d’interruption acceptable pour votre activité, et la quantité de données que vous pouvez perdre, c’est-à-dire l’intervalle entre deux sauvegardes.

Ce que WordPress fait seul, et ce qu’il ne fait pas

WordPress n’a aucune fonction de sauvegarde. Depuis la version 6.3, il garde une copie temporaire d’un plugin ou d’un thème pendant une mise à jour manuelle, pour l’annuler en cas d’échec, et depuis la 6.6 il annule la mise à jour automatique d’un plugin qui provoque une erreur fatale. Ce sont des filets de sécurité ponctuels : ils ne permettent en aucun cas de revenir à l’état de la semaine dernière.

1. UpdraftPlus : la référence gratuite

Ce qu’il fait

UpdraftPlus, plus de 4 millions d’installations actives, programme des sauvegardes des fichiers et de la base, et les envoie vers un stockage distant. Le plugin est désormais commercialisé sous la marque TeamUpdraft. Les archives sont des fichiers zip et SQL standards, qu’on peut restaurer à la main si le plugin n’est plus disponible.

Points forts

La version gratuite envoie déjà les sauvegardes vers Google Drive, Dropbox, Amazon S3, un serveur FTP ou d’autres destinations. La restauration se fait depuis l’administration, élément par élément : plugins, thèmes, médias, base. Si le site a disparu, on réinstalle WordPress et le plugin, puis on relit le stockage distant.

Limites

La version gratuite ne fait ni sauvegarde incrémentale, ni chiffrement de la base, ni sauvegarde automatique avant les mises à jour, et ne gère pas le multisite. La restauration s’exécute en PHP dans le site à restaurer, ce qui peut buter sur les limites de temps sur un gros site, même si la documentation prévoit une reprise.

Prix et public

La version Premium démarre à 70 dollars par an pour deux sites, en octobre 2026. La version gratuite avec un stockage distant est le choix raisonnable par défaut pour un petit budget. Elle figure d’ailleurs dans notre sélection des plugins WordPress indispensables.

2. BlogVault : la sauvegarde qui ne pèse pas sur le serveur

Ce qu’il fait

BlogVault est un service en ligne : le plugin installé sur votre site sert de connecteur, mais le traitement et le stockage des sauvegardes se font sur l’infrastructure de l’éditeur. Les copies sont donc hors de votre serveur dès le départ.

Points forts

Toutes les offres sont incrémentales. La restauration se lance depuis le tableau de bord de BlogVault, y compris quand le site est hors ligne, et une restauration différentielle accélère la remise en route. L’offre WooCommerce capture les commandes en temps réel. Le multisite n’est inclus qu’à partir de l’offre Business (299 dollars par an au catalogue), avec 25 sous-sites au plus, 100 dans l’offre WooCommerce.

Limites

Vous ne choisissez pas la destination de stockage : ce sont les serveurs de BlogVault, avec possibilité de télécharger les copies. Le prix est fixé par site, ce qui pèse vite pour une agence. La page tarifaire affiche une remise de 50 % par rapport au prix catalogue : vérifiez le prix au renouvellement.

Prix et public

L’offre Personal est au catalogue à 99 dollars par an et par site, pour des sauvegardes quotidiennes conservées 30 jours. BlogVault convient aux boutiques WooCommerce et aux sites dont le serveur ne doit pas porter la charge des sauvegardes.

3. Jetpack VaultPress Backup : le temps réel, sans multisite

Ce qu’il fait

La sauvegarde d’Automattic, intégrée à Jetpack ou disponible en plugin séparé, enregistre les changements en temps réel et les stocke sur les serveurs de Jetpack. Chaque modification apparaît dans un journal d’activité, avec un bouton « Restaurer à ce point ».

Points forts

Aucune configuration côté serveur, des sauvegardes complètes, incrémentales et différentielles, et une option propre aux boutiques : restaurer le site en gardant les commandes et les produits à jour. Quand le site est hors service, la restauration passe par des identifiants SSH ou SFTP du serveur.

Limites

Jetpack l’écrit lui-même : VaultPress Backup ne prend pas en charge WordPress Multisite. La documentation prévient aussi qu’une restauration remplace entièrement la base de données. Le prix affiché est un tarif de première année, qui double au renouvellement.

Prix et public

Le prix normal est de 9,95 dollars par mois en facturation annuelle (119,40 dollars par an), 14,95 dollars en facturation mensuelle, avec 10 Go de stockage et 30 jours d’archives. VaultPress Backup convient aux sites uniques et aux boutiques qui veulent du temps réel sans rien configurer.

4. Duplicator : la migration d’abord

Ce qu’il fait

Duplicator, plus d’un million d’installations, crée un « paquet » : une archive du site accompagnée d’un fichier installer.php qui la déploie sur n’importe quel serveur. Il est né pour cloner et déménager des sites, et la sauvegarde est venue ensuite.

Points forts

La version gratuite gère des archives de toute taille, chiffrées, avec une restauration en un clic. Son seul stockage en ligne est Duplicator Cloud, l’espace de l’éditeur, vendu à part ; les autres destinations (Dropbox, Google Drive, S3, FTP) et les sauvegardes programmées demandent une licence payante. Elle laisse choisir le moteur d’archive et la méthode d’export de la base, dont mysqldump. À partir de l’offre Basic, un point de récupération permet de restaurer même quand l’administration ne répond plus, grâce à un lien de secours à conserver hors du site.

Limites

Duplicator le dit dans sa base de connaissances : chaque sauvegarde est complète, jamais incrémentale. Sur un gros site, cela pèse sur l’espace disque et sur le serveur. Le multisite n’est disponible qu’à partir de l’offre Pro. Et le fichier d’installation doit être supprimé après usage, car il présente un risque de sécurité.

Prix et public

L’offre Basic est au catalogue à 79 dollars par an pour deux sites, l’offre Pro à 399 dollars. Duplicator convient d’abord aux migrations, comme le montre notre guide pour migrer un site WordPress sans interruption, et aux agences qui déplacent des sites entre hébergeurs.

5. WPvivid : la version gratuite la plus complète

Ce qu’il fait

WPvivid, plus de 900 000 installations, combine sauvegarde, migration et création d’un site de test (staging). Sa version gratuite envoie les sauvegardes vers Dropbox, Google Drive, Amazon S3, OneDrive, DigitalOcean Spaces, FTP ou SFTP, et restaure en un clic depuis l’administration.

Points forts

Sa version gratuite est l’une des plus complètes de cette liste, staging compris. WPvivid vend aussi des licences à vie, utiles aux agences.

Limites et sécurité

La sauvegarde incrémentale, le multisite et le chiffrement de la base sont réservés à la version Pro. Surtout, une faille critique a été corrigée en janvier 2026 dans la version 0.9.124 : un envoi de fichier sans authentification permettait d’exécuter du code, dans les versions jusqu’à 0.9.123. L’exploitation supposait que l’option de réception d’une sauvegarde depuis un autre site soit active.

Ce n’est pas un cas isolé : un plugin de sauvegarde lit et écrit tout votre site, il fait donc partie de la surface d’attaque. Mettez-le à jour comme le reste, selon les mesures de sécurité WordPress qui comptent vraiment.

Prix et public

L’offre Blogger coûte 49 dollars par an pour deux domaines, ou 99 dollars à vie. WPvivid convient aux sites uniques qui veulent le maximum sans payer.

6. BackWPup : beaucoup de destinations, restauration manuelle en gratuit

Ce qu’il fait

BackWPup, présent sur le répertoire depuis 2009 et aujourd’hui édité par WP Media, sauvegarde fichiers et base vers une longue liste de destinations gratuites : Amazon S3, Dropbox, Azure, FTP, FTPS et d’autres. Il compte plus de 400 000 installations.

Points forts

Le multisite est pris en charge dès la version gratuite, ce qui est rare. Les tâches peuvent être déclenchées en ligne de commande dans les deux éditions.

Limites

Dans la version gratuite, la restauration est manuelle : il faut téléverser l’archive soi-même. La restauration en un clic, le chiffrement et une application de restauration autonome, utilisable sans WordPress, sont réservés à la version Pro. La documentation actuelle ne mentionne pas de sauvegarde incrémentale.

Prix et public

L’offre Starter coûte 49 dollars par an pour deux domaines. BackWPup convient aux petits budgets qui veulent beaucoup de destinations et savent restaurer à la main, ainsi qu’aux multisites économes.

7. Backuply : simple, avec son propre stockage en ligne

Ce qu’il fait

Backuply, de Softaculous, plus de 600 000 installations, propose en gratuit une sauvegarde locale, une restauration en un clic et l’envoi vers FTP ou Google Drive. Les versions payantes ajoutent les sauvegardes automatiques programmées, de nombreuses destinations, la rotation des sauvegardes et un espace de stockage chez l’éditeur.

Points forts et limites

L’outil est simple et bon marché. En revanche, les sauvegardes programmées sont payantes, et la documentation tarifaire ne précise ni la sauvegarde incrémentale ni le multisite. L’offre Backuply Cloud, à 18 dollars par an avec 10 Go, suffit pour programmer des sauvegardes vers le stockage de l’éditeur ; l’offre Personal, à 39 dollars, ajoute les autres destinations.

Et Solid Backups ?

Vous chercherez en vain Solid Backups. En mai 2026, Liquid Web a cessé de vendre les produits SolidWP séparément. L’ancien BackupBuddy, devenu Kadence Backups Legacy, est en maintenance. Le produit actif, Kadence Backups (ex-Solid Backups NextGen, avec des sauvegardes stockées chez l’éditeur et gérées depuis Kadence Central), est inclus dans les offres Kadence Pro (299 dollars par an) et Elite. Les clients existants conservent leur offre.

8. All-in-One WP Migration : un outil de migration, pas une stratégie

Ce qu’il fait

All-in-One WP Migration, plus de 5 millions d’installations, exporte un site entier dans un seul fichier .wpress, qu’on importe ailleurs. Pour déménager un petit site, c’est d’une simplicité redoutable.

Pourquoi il ne suffit pas comme sauvegarde

Dans la version gratuite, l’import est limité par la taille maximale d’envoi autorisée par l’hébergeur. Les sauvegardes programmées et les envois vers un stockage en ligne sont des extensions payantes, tout comme le multisite. Le format est propriétaire, et aucune copie ne part hors du serveur sans intervention.

Prix et public

L’extension Unlimited coûte 69 dollars par an, jusqu’à 50 sites ; l’offre Pro, à 99 dollars par an, ajoute le stockage en ligne et les sauvegardes programmées. L’outil convient aux migrations ponctuelles et aux instantanés manuels de petits sites, pas à une sauvegarde automatique et quotidienne.

9. Les sauvegardes de l’hébergeur : utiles, jamais suffisantes

Ce qu’elles apportent

La plupart des hébergeurs WordPress gérés font une sauvegarde quotidienne et permettent de restaurer en un clic. C’est rapide, cohérent au niveau du serveur, et c’est souvent le premier recours après une erreur.

Où elles s’arrêtent

Lisez où elles sont stockées. Chez Kinsta, les sauvegardes standard se trouvent sur la même machine que le site, et il faut une option payante pour les envoyer vers Amazon S3 ou Google Cloud. Chez WP Engine, elles sont hors du serveur, sur Amazon S3, mais dans la même région et chez le même fournisseur.

Dans les deux cas, une suspension de compte, une suppression par erreur ou un incident chez le fournisseur peut emporter le site et ses copies. Les sauvegardes de l’hébergeur peuvent cocher la case « hors site », mais jamais celle d’une copie chez un autre fournisseur, sous d’autres identifiants. Notre comparatif des hébergements WordPress détaille ce que chacun propose.

Un flux de particules lumineuses qui remonte dans un sablier de verre, comme un temps qu'on rembobine

10. wp db export : la référence en ligne de commande

Ce qu’il fait

La commande wp db export de WP-CLI lance mysqldump avec les identifiants de wp-config.php et produit un fichier SQL standard. C’est l’étalon auquel juger tous les plugins : pouvez-vous obtenir de votre outil un export SQL lisible par n’importe quel serveur ?

Le détail qui compte

WP-CLI n’ajoute pas l’option --single-transaction par défaut. Or c’est elle qui produit un instantané cohérent d’une base InnoDB sans bloquer le site, ce qui compte sur une boutique qui enregistre des commandes pendant l’export :

wp db export --single-transaction - | gzip > base-$(date +%F).sql.gz

Copiez ensuite le fichier hors du serveur, avec les fichiers du dossier wp-content, et testez la restauration avec wp db import sur une copie de test. Les autres commandes WP-CLI essentielles complètent cette routine.

Limites et public

Il faut un accès SSH, la commande ne sauvegarde que la base, et elle ne gère ni la programmation ni la rotation sans une tâche cron. Elle convient aux développeurs et aux agences, en complément d’un plugin ou d’un service.

Le cas réel : l’incendie d’OVH et ce que la justice a dit des sauvegardes

L’affaire France Bâti Courtage contre OVH est l’une des mieux documentées qui soient, parce qu’elle est passée deux fois devant les tribunaux. Elle illustre presque mot pour mot la règle 3-2-1.

La nuit du 10 mars 2021

Le feu prend au rez-de-chaussée du bâtiment SBG2 du site strasbourgeois d’OVH. Il détruit ce bâtiment, une partie du bâtiment voisin SBG1 et touche SBG3. Le rapport du Bureau d’enquêtes sur les accidents de risques industriels, publié en mai 2022, relève que les locaux électriques disposaient d’une détection d’incendie, mais d’aucun système d’extinction automatique.

Le matin même, la société Netcraft mesure quelque 3,6 millions de sites web hors ligne. Hors ligne ne veut pas dire perdu, mais certains clients, comme celui de cette affaire, ont aussi perdu leurs sauvegardes.

Trois copies, un seul bâtiment

France Bâti Courtage anime le réseau de franchises « La maison des travaux ». Son activité passe presque entièrement par son site, avec 183 sites en sous-domaines pour ses 123 franchisés. L’entreprise loue à OVH un serveur privé virtuel et, depuis 2018, l’option de sauvegarde automatisée : une sauvegarde quotidienne répliquée trois fois, stockée selon le contrat dans un espace « physiquement isolé » de l’infrastructure du serveur.

Le serveur et sa sauvegarde se trouvaient pourtant dans le même bâtiment. Le 9 avril 2021, OVH confirme que les deux sont irrécupérables. L’entreprise reconstruit ses sites à partir de données anciennes qu’elle avait gardées, et retrouve la liste de ses plus de 25 000 adresses grâce à Google Search Console.

De 101 102 euros à 1 800 euros

En janvier 2023, le tribunal de commerce de Lille Métropole condamne OVH à verser 94 102 euros de dommages et intérêts, plus 7 000 euros de frais de procédure. Il écarte la force majeure et les plafonds de responsabilité du contrat.

Le 24 avril 2025, la cour d’appel de Douai confirme qu’OVH a manqué à son obligation : une sauvegarde doit permettre de restaurer les données. Mais elle juge qu’un stockage « physiquement isolé » désigne des infrastructures distinctes et séparées, sans qu’elles soient nécessairement éloignées l’une de l’autre. Elle applique surtout les plafonds de responsabilité prévus entre professionnels : OVH ne doit plus que 1 800,48 euros.

La cour relève aussi qu’OVH proposait une option distincte de plan de reprise après sinistre, que le client n’avait pas souscrite. Dans ce contrat, sauvegarde et reprise d’activité étaient deux services distincts.

Ce qu’il faut en retenir pour un site WordPress

Trois copies dans un même bâtiment valent une seule copie face à un incendie : c’est le « 1 hors site » de la règle qui a manqué. Le contrat d’hébergement se lit à la lettre, et son plafond de responsabilité, ici six mois de facturation des services concernés, fixe ce que vous récupérez, quoi que vous perdiez.

La seule protection réelle est une copie que vous contrôlez, chez un autre fournisseur, que vous avez déjà restaurée au moins une fois. L’entreprise n’a retrouvé la liste de ses adresses qu’après coup, grâce à Google Search Console, et elle a soutenu qu’elles étaient devenues inexploitables entre-temps. Gardez donc vous-même un export de vos adresses et de vos redirections.

Comment choisir

Commencez par la question de la restauration, pas par la liste des fonctions. Demandez-vous comment vous remettrez le site en ligne si le serveur a disparu, et combien de temps cela prendra.

Tester une restauration

Une fois par trimestre au minimum, restaurez une sauvegarde sur une copie de test. Vérifiez que le site s’affiche, que la connexion fonctionne, que les médias sont présents, et chronométrez l’opération. Notez la procédure : le jour d’un incident, personne n’a envie de la redécouvrir.

WooCommerce : ne pas écraser les commandes

Restaurer la base d’une boutique remplace les commandes passées depuis la sauvegarde. Préférez une solution qui le gère (Jetpack, BlogVault en offre WooCommerce), ou restaurez sur une copie et récupérez les commandes manquantes avant de basculer. Croisez ce choix avec vos plugins WooCommerce qui écrivent dans la base.

Multisite

Vérifiez la prise en charge avant d’acheter : Jetpack ne le gère pas, UpdraftPlus et WPvivid le réservent à leur version payante, Duplicator à son offre Pro, BackWPup le propose gratuitement.

Tableau récapitulatif

Solution Hors du serveur Incrémental Multisite Prix d’entrée (oct. 2026)
UpdraftPlus Oui, si stockage distant Premium Premium Gratuit, 70 $ par an
BlogVault Oui, serveurs de l’éditeur Oui Offre Business et plus 99 $ par an et par site
Jetpack VaultPress Backup Oui, serveurs de l’éditeur Oui, temps réel Non 119,40 $ par an
Duplicator Avec licence ou Duplicator Cloud Non Offre Pro Gratuit, 79 $ par an
WPvivid Oui, si stockage distant Pro Pro Gratuit, 49 $ par an
BackWPup Oui, si destination distante Non documenté Oui, gratuit Gratuit, 49 $ par an
Backuply Oui, si destination distante Non documenté Non documenté Gratuit, 18 $ par an (Backuply Cloud)
All-in-One WP Migration Extensions payantes Non Extension payante Gratuit, 69 $ par an
Hébergeur Selon l’hébergeur Selon l’hébergeur Compte entier Inclus ou en option
wp db export Si vous le copiez Non Base entière Gratuit

Questions fréquentes

Les sauvegardes de mon hébergeur suffisent-elles ?

Non, pas seules. Elles sont pratiques, mais elles dépendent du même fournisseur et souvent de la même région, voire de la même machine. En mai 2024, Google Cloud a supprimé par erreur le cloud privé du fonds de pension australien UniSuper, dans ses deux régions à la fois. Selon le communiqué commun, des sauvegardes conservées chez un autre prestataire ont limité la perte de données ; Google cite aussi des copies restées intactes sur son propre stockage. Gardez toujours une copie chez un autre fournisseur.

À quelle fréquence sauvegarder ?

Au rythme auquel vous accepteriez de perdre des données. Une fois par semaine suffit à un site vitrine qui change peu. Un blog actif demande une sauvegarde quotidienne, une boutique une sauvegarde au moins quotidienne de la base, idéalement en temps réel. Dans tous les cas, sauvegardez avant chaque mise à jour importante.

Une sauvegarde incrémentale est-elle fiable ?

Oui, quand le service sait reconstituer une sauvegarde complète à partir des changements. Certains, comme BlogVault, transfèrent seulement les changements mais stockent chaque version complète. L’essentiel reste de tester une restauration réelle.

Où stocker mes sauvegardes ?

Chez un fournisseur différent de votre hébergeur, avec des identifiants que le site ne connaît pas, de sorte qu’un intrus qui prend le contrôle du site ne puisse pas les effacer. Idéalement, une copie supplémentaire hors ligne ou non modifiable.

Mon plugin de sauvegarde est-il un risque de sécurité ?

Il peut l’être, puisqu’il manipule tout le site. Des failles ont touché WPvivid en 2026, UpdraftPlus en 2022 ou Backup Migration en 2023. Mettez-le à jour, et évitez de laisser des archives téléchargeables dans un dossier public.

Conclusion

Le choix d’un outil compte moins que trois habitudes : une copie hors de chez votre hébergeur, plusieurs générations de sauvegardes, et une restauration testée régulièrement. UpdraftPlus ou WPvivid gratuits, envoyés vers un stockage distant, couvrent déjà l’essentiel pour un petit site. Une boutique gagnera à payer pour du temps réel.

L’incendie de Strasbourg l’a rappelé à des milliers d’entreprises : la sauvegarde qu’on n’a jamais restaurée, rangée au même endroit que le serveur, ne protège pas de grand-chose. Dans cette affaire, la cour d’appel a ajouté que le contrat d’hébergement ne remboursait presque rien.

Sources


LaFactory conçoit, développe et maintient des sites WordPress et WooCommerce, sauvegardes et restaurations testées comprises, et développe ses propres plugins. Parlons de votre projet WordPress.

Francis Rozange

Ancien chef de rubrique à Libération, il dirige LaFactory, agence web internationale depuis 1996.

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