Une rédactrice change un numéro de téléphone dans le pied de page d’une page, et le numéro change sur tout le site. Un rédacteur veut corriger un titre dans une section de page d’accueil, glisse d’un millimètre, et déplace toute une colonne. Ces deux situations ont la même origine : les compositions de blocs de WordPress, et la façon dont elles sont synchronisées ou verrouillées.
Les compositions, ou patterns en anglais, sont devenues l’outil central de la mise en page dans WordPress. Elles servent de modèles de sections, de blocs réutilisables, de gabarits de pages. Depuis WordPress 7.0, sorti en mai 2026, elles s’insèrent par défaut en mode contenu seul, un changement qui a divisé les contributeurs du projet eux-mêmes.
Ce guide fait le tour du sujet dans WordPress 7.1 : compositions synchronisées et non synchronisées, remplacements de contenu, verrouillage, déclaration dans un thème, catégories, répertoire officiel, puis une méthode de travail pour une équipe de rédaction.
Ce qu’est une composition, et ce qu’elle n’est pas
Trois unités réutilisables
La documentation pour les auteurs de thèmes la définit simplement : une composition n’est rien de plus qu’un ou plusieurs blocs préconfigurés et proposés à l’utilisateur. Ce n’est pas un bloc personnalisé, avec son propre code, mais un assemblage de blocs existants, titres, images, boutons, colonnes.
WordPress propose trois unités réutilisables qu’on confond souvent. La composition non synchronisée sert de point de départ : on l’insère, puis chaque copie vit sa vie. La composition synchronisée reste liée à son original, et la modifier la change partout. L’élément de modèle (template part), comme l’en-tête ou le pied de page, appartient à l’éditeur de site et structure les modèles du thème.
D’où viennent les compositions
Les compositions ont cinq origines possibles : le cœur de WordPress, le thème actif, les plugins, le répertoire officiel de WordPress.org et votre propre équipe, qui peut en créer dans l’éditeur. Les compositions sont apparues dans le cœur avec WordPress 5.5, en août 2020, et le répertoire officiel est intégré à l’éditeur depuis WordPress 5.8, en juillet 2021.
Les compositions de départ
Une catégorie particulière de compositions s’affiche à la création d’une page : les compositions de départ. Un thème les déclare en les associant au bloc de contenu de l’article et au type de contenu visé. Introduites pour les pages avec WordPress 6.0, elles concernent tous les types de contenus depuis 6.1. La fenêtre de choix n’apparaît que si le thème en propose au moins deux.
Pour une équipe, la difficulté vient souvent de l’abondance : un outil d’insertion rempli de dizaines de compositions dont personne ne sait d’où elles viennent. Nous verrons plus loin comment le nettoyer.
Compositions synchronisées et non synchronisées
Non synchronisée : un point de départ que l’on copie
Une composition non synchronisée s’insère comme une copie. Une fois dans la page, ses blocs ne gardent aucun lien avec l’original, et modifier la composition d’origine ne change pas les pages qui l’utilisent déjà. C’est le bon choix pour les gabarits d’articles, les sections de pages d’accueil ou les mises en page de départ.
Toutes les compositions déclarées par un thème sont de ce type dans le cœur de WordPress. Une demande ouverte depuis février 2024 réclame des compositions de thème synchronisées, sans résultat en octobre 2026.
Synchronisée : une source, toutes les occurrences à jour
Une composition synchronisée est enregistrée une fois, dans la base, et chaque page qui l’utilise affiche la même source. Modifier la composition met à jour toutes ses occurrences. C’est l’outil idéal pour un bloc de coordonnées, une mention légale, un appel à l’action standard.
Les plus anciens utilisateurs la connaissent sous un autre nom : jusqu’à WordPress 6.3, en août 2023, on parlait de blocs réutilisables. WordPress 6.3 les a renommés compositions synchronisées, sans changer leur fonctionnement, et a permis aux utilisateurs de créer aussi des compositions non synchronisées.
Détacher, supprimer, revenir en arrière
Une occurrence peut être détachée de sa composition synchronisée : elle devient une copie indépendante, qui ne suivra plus les modifications de la source. Supprimer une composition synchronisée, en revanche, laisse sur chaque page qui l’utilisait un message indiquant que le bloc a été supprimé ou n’est plus disponible.
Avant de supprimer ou de modifier en profondeur une composition synchronisée, sachez donc où elle est utilisée. Les compositions conservent des révisions, et WordPress 6.4 permet de les exporter et de les importer en JSON, ce qui donne une sauvegarde simple.
Les remplacements de contenu dans les compositions synchronisées
Un design commun, un contenu propre à chaque occurrence
WordPress 6.6, en juillet 2024, a ajouté les remplacements, appelés « surcharges » dans l’interface française (overrides en anglais) : une composition synchronisée peut désormais laisser certains contenus modifiables dans chaque occurrence, tout en gardant une mise en page commune. Une carte de témoignage, par exemple, garde le même design partout, mais chaque page affiche son propre texte et sa propre photo.
Pour l’activer, on ouvre la composition synchronisée, on sélectionne un bloc compatible, puis on clique sur « Activer les surcharges » dans le panneau Avancé de ses réglages, en lui donnant un nom unique. Dans le balisage, cela se traduit par une liaison vers core/pattern-overrides, comme ceci :
<!-- wp:paragraph {"metadata":{"name":"Temoignage","bindings":{"__default":{"source":"core/pattern-overrides"}}}} -->
Activer, désactiver, et la limite des thèmes
Les remplacements se désactivent au même endroit, avec le bouton « Désactiver les surcharges » du panneau Avancé. Ils ne fonctionnent que dans les compositions synchronisées créées dans l’éditeur et enregistrées en base, pas dans les fichiers d’un thème, puisque le cœur ne propose pas de compositions de thème synchronisées. Un petit plugin tiers, Synced Patterns for Themes, comble ce manque pour les thèmes qui en ont besoin, avec une base d’utilisateurs encore très réduite.
Quels blocs, quels attributs
Au lancement, quatre blocs étaient concernés : Titre, Paragraphe, Bouton et Image. Dans WordPress 7.1, la liste du cœur couvre aussi l’élément de liste, la date de publication et les liens de navigation, et davantage d’attributs de l’image, comme la légende. Les remplacements changent le contenu, jamais la mise en page ni les styles.
Les blocs personnalisés depuis WordPress 7.0
Depuis WordPress 7.0, tout attribut de bloc compatible avec l’API Block Bindings accepte aussi les remplacements, y compris dans les blocs personnalisés. Un développeur déclare les attributs concernés avec le filtre block_bindings_supported_attributes. Notre sélection de plugins de blocs Gutenberg aide à repérer les bibliothèques qui suivent ces évolutions.
Le mode contenu seul et le verrouillage
Ce que WordPress 7.0 a changé
Depuis WordPress 7.0, une composition non synchronisée insérée dans l’éditeur s’ouvre en mode contenu seul. Le rédacteur modifie les textes, les images, leurs textes alternatifs, les liens et les libellés de boutons, mais ne peut ni déplacer, ni supprimer, ni ajouter les blocs de structure de la section, comme les groupes ou les colonnes.
Il peut en revanche insérer de nouveaux paragraphes, éléments de liste ou boutons dans les zones de contenu prévues. Un bouton dédié, « Modifier la composition », permet d’ouvrir la composition en édition complète, et la documentation présente ce mode comme une protection contre les changements accidentels de mise en page.
Pour les auteurs de blocs, cela impose une contrainte : seuls les attributs marqués avec le rôle content restent modifiables. Un bloc qui ne le déclare pas devient invisible dans la vue en liste et impossible à sélectionner dans une section en contenu seul.
Verrouiller un bloc ou un conteneur
Le verrouillage existe depuis WordPress 5.9. Au niveau d’un bloc, l’attribut lock empêche de le déplacer ou de le supprimer. Au niveau d’un conteneur, comme un groupe ou des colonnes, templateLock accepte trois valeurs : all bloque tout, insert empêche d’ajouter ou de retirer des blocs, et contentOnly, depuis 6.1, ne laisse modifier que le contenu.
Par défaut, toute personne qui peut modifier une page peut aussi verrouiller et déverrouiller ses blocs. Pour réserver ce pouvoir à ceux qui gèrent le design, la documentation propose ce filtre :
add_filter( 'block_editor_settings_all', function ( $settings ) {
$settings['canLockBlocks'] = current_user_can( 'edit_theme_options' );
return $settings;
} );
Le verrouillage protège des erreurs de manipulation, mais il n’arrête pas un utilisateur décidé : celui-ci peut encore ouvrir la composition en édition complète ou la détacher. Seule exception documentée, une composition synchronisée verrouillée ne propose plus le détachement.
Les portes de sortie
Pour les équipes qui préfèrent l’ancien comportement, WordPress 7.0 a ajouté un réglage qui désactive le mode contenu seul pour les compositions non synchronisées :
add_filter( 'block_editor_settings_all', function ( $settings ) {
$settings['disableContentOnlyForUnsyncedPatterns'] = true;
return $settings;
} );
WordPress 7.1 a ajouté un réglage équivalent pour les éléments de modèle, et une commande dans la palette de commandes qui active ou désactive le mode pour la session en cours. Les compositions synchronisées restent en revanche toujours traitées comme des sections.
Le cas réel : comment WordPress 7.0 a verrouillé les compositions
Le passage au mode contenu seul par défaut est un changement de l’éditeur dont chaque étape peut être suivie dans des sources publiques. Le débat s’est tenu en public, sur GitHub et sur les blogs officiels du projet, entre septembre 2025 et septembre 2026. Il montre comment WordPress arbitre entre rédacteurs et concepteurs de sites.
Une idée de séparation
Le 5 septembre 2025, Matías Ventura, architecte principal de Gutenberg chez Automattic, ouvre un ticket intitulé « Pattern Editing and contentOnly interactivity ». Son argument : les compositions ne sont pas des blocs personnalisés, et l’architecture imbriquée de l’éditeur rend des modifications simples complexes pour les utilisateurs ordinaires. Il propose de restreindre l’édition courante aux attributs de contenu, pour séparer le contenu du design.
Cinq jours plus tard, Ramon Dodd ouvre un ticket pour prévoir une façon de désactiver ce mode, « si nécessaire », en pensant aux agences qui construisent des thèmes destinés à la seule édition de contenu, et qui ont besoin, pendant le développement, que tout reste déverrouillé.
Les objections des équipes éditoriales
Le 24 janvier 2026, Fabian Kägy, committer du cœur de WordPress et ingénieur principal de l’équipe Editorial Engineering chez Fueled, l’agence anciennement connue sous le nom de 10up, teste la fonction sur Twenty Twenty-Five. Son verdict : en l’état, elle ne devrait pas être livrée. Il décrit une impression d’être bloqué, impossible d’ajouter un élément de liste ou un bouton dans une section, un bouton d’édition complète trop caché, et des clics répétés pour modifier plusieurs sections.
Joen Asmussen, designer chez Automattic, répond deux jours plus tard que la fonction doit être livrée, et que détacher une composition doit être considéré comme une étape normale. Le 12 février, Kägy propose une option de désactivation, en expliquant que le mode ajoute beaucoup de friction pour les équipes qui passent sans cesse d’une section à l’autre. Aki Hamano, autre contributeur du cœur, estime que le choix devrait dépendre du contenu de la composition, pas des préférences de l’utilisateur, et évoque même un report à la version 7.1.
Le compromis est fusionné le 18 février 2026 : une option désactive le mode contenu seul pour les seules compositions non synchronisées. Le 27 février, Ramon Dodd publie un appel à tests sur le blog de l’équipe de tests, en rappelant la raison d’être du changement : de petits clics malheureux peuvent restructurer une mise en page ou supprimer un bloc entier.
La sortie, puis les ajustements
WordPress 7.0 sort le 20 mai 2026 avec le nouveau comportement par défaut. Les retours de l’appel à tests ont signalé une friction pour ceux qui modifient beaucoup de compositions, puisque chaque composition demande un clic de plus : Ramon Dodd ajoute en juin une commande pour basculer le mode à la volée, livrée avec WordPress 7.1.
Le 1er juillet 2026, Steve Ryan, développeur à l’université d’État de l’Arizona, signale un comportement déroutant. Son équipe fournit aux enseignants et au personnel des compositions de pages à épurer, dont on retire ce qui ne sert pas, et il expliquera plus tard que, pour celles-là, le mode contenu seul serait une gêne.
Après la mise à jour, une même composition se comporte différemment selon qu’elle est enveloppée ou non dans un seul bloc Groupe : sans enveloppe unique, le mode contenu seul ne s’applique pas. Le code du cœur ne rattache en effet la composition à sa source que lorsqu’elle a un seul bloc racine. Le ticket reste ouvert.
Enfin, le 25 septembre 2026, un autre contributeur relève que l’écran des compositions affiche toujours « non synchronisée » alors que le style et la structure sont désormais verrouillés, et propose trois états plus clairs.
Ce qu’il faut en retenir
Le nouveau comportement est resté. Plutôt que de revenir en arrière, WordPress a ajouté trois portes de sortie : un réglage pour les compositions non synchronisées, un autre pour les éléments de modèle, une commande pour la session. Le verrouillage est désormais la posture par défaut : les équipes décident quand déverrouiller, plus quand verrouiller.
Pour un site existant, la conséquence est concrète : les compositions d’un thème ou d’une agence doivent être retestées en mode contenu seul, et leur structure, une enveloppe unique ou non, change leur comportement. Formez aussi vos rédacteurs au bouton d’édition complète et au détachement avant qu’ils ne les découvrent seuls. Notre point sur les nouveautés de WordPress 7 replace ce changement parmi les autres évolutions de 7.0 et 7.1.

Déclarer des compositions dans un thème
Le dossier /patterns et ses en-têtes
Depuis WordPress 6.0, tout fichier PHP placé dans le dossier patterns du thème actif est enregistré automatiquement comme composition. Un thème enfant remplace la composition du parent qui porte le même identifiant. L’en-tête du fichier décrit la composition :
<?php
/**
* Title: Hero
* Slug: themeslug/hero
* Categories: featured
*/
?>
<!-- wp:heading -->
<h2 class="wp-block-heading"><?php esc_html_e( 'Welcome', 'themeslug' ); ?></h2>
<!-- /wp:heading -->
Le cœur exige seulement le titre et l’identifiant, sans quoi le fichier est ignoré. La documentation recommande d’ajouter au moins les catégories. D’autres champs existent : description, mots-clés, largeur d’aperçu, types de blocs, types de contenus et types de modèles, qui servent notamment aux compositions de départ proposées à la création d’une page.
Traduction, échappement et images
Le titre et la description sont traduits avec le domaine de texte du thème. Les textes à l’intérieur du balisage doivent passer par des fonctions de traduction échappées, comme esc_html_e(), et les adresses d’images par esc_url( get_theme_file_uri() ), pour fonctionner quelle que soit l’adresse du site.
Le piège du cache
Depuis WordPress 6.4, les métadonnées des fichiers de compositions sont mises en cache, et ce cache dépend de la version du thème. Depuis 6.6, il est conservé dans un transient, donc sur tous les sites, même sans cache d’objets persistant. Un en-tête modifié peut donc ne pas apparaître tant que la version du thème n’a pas changé. En développement, la constante WP_DEVELOPMENT_MODE réglée sur theme ou all contourne ce cache.
Retirer les compositions du cœur et du répertoire
Pour alléger l’outil d’insertion, un thème peut retirer les compositions du cœur et désactiver le chargement des compositions distantes du répertoire :
add_action( 'after_setup_theme', function () {
remove_theme_support( 'core-block-patterns' );
} );
add_filter( 'should_load_remote_block_patterns', '__return_false' );
Aucun réglage de l’administration ne permet de le faire : c’est du code, à placer dans le thème ou dans un petit plugin. Attention, ce filtre bloque aussi les compositions du répertoire déclarées dans la clé patterns de theme.json. Notre guide de l’édition complète de site et de theme.json détaille les autres façons d’encadrer l’éditeur.
Les catégories de compositions
Les catégories du cœur et les vôtres
WordPress 7.1 enregistre vingt et une catégories, comme bannière, boutons, colonnes, appel à l’action, équipe, témoignages, galerie, en-tête ou pied de page. Utilisez leurs identifiants techniques exacts : la documentation des thèmes cite par erreur un identifiant video, alors que le cœur enregistre videos. Un thème peut ajouter ses propres catégories avec register_block_pattern_category().
Les catégories des compositions créées par l’équipe
Depuis WordPress 6.4, les compositions créées dans l’éditeur peuvent aussi recevoir des catégories personnalisées, gérées comme des étiquettes. C’est la base d’un outil d’insertion lisible pour une équipe : une catégorie par fonction, « Coordonnées », « Mentions », « Appels à l’action », plutôt qu’un empilement par date de création.
Le répertoire de compositions de WordPress.org
Copier, coller, ou déclarer dans theme.json
Le répertoire officiel propose environ 2 350 compositions en anglais en octobre 2026, dont une petite sélection mise en avant par l’équipe de WordPress. On peut copier une composition et la coller dans l’éditeur, ou la déclarer dans la clé patterns du fichier theme.json avec son identifiant, pour qu’elle apparaisse dans l’outil d’insertion.
Une fois ajoutée au site, la composition ne garde aucun lien avec l’original. Ses images, en revanche, restent chargées depuis l’extérieur : la documentation conseille de les téléverser dans votre médiathèque.
Un répertoire filtré par défaut
Depuis juin 2023, le répertoire affiche par défaut les compositions retenues par l’équipe de WordPress, celles qui accompagnent le cœur. Les compositions proposées par la communauté restent accessibles derrière un filtre. Sur les quelque 2 350 compositions anglaises, 44 seulement appartenaient à cette sélection en octobre 2026 : l’essentiel du répertoire vient donc de la communauté.
Les règles de publication
Le répertoire accepte uniquement des compositions en anglais, construites avec des blocs du cœur, illustrées avec des images libres d’Openverse et sans blocs dynamiques comme la boucle de requête. Les soumissions sont modérées par des bénévoles.
Une méthode de travail pour une équipe éditoriale
Décider ce qui est synchronisé
La règle la plus utile est simple : synchronisez ce qui doit être identique partout, comme les coordonnées, les mentions légales ou un appel à l’action standard. Utilisez des compositions non synchronisées pour ce qui partage une structure mais pas un contenu, comme les gabarits d’articles ou de fiches. Les remplacements font le pont entre les deux, quand le design doit rester commun et le texte varier.
Le guide publié en avril 2025 par le service de communication de l’université d’État de Caroline du Nord, à l’intention des sites de l’université, suit la même logique : compositions synchronisées pour les coordonnées, les politiques et les appels à l’action standard, compositions non synchronisées pour les contenus qui partagent une structure. Il recommande aussi de documenter les dépendances et prévient qu’un trop grand nombre de compositions synchronisées sur une page peut ralentir son affichage.
Les rôles
Créer une composition synchronisée demande le droit de publier des articles : un auteur peut le faire, un contributeur non. Modifier les compositions des autres demande le droit de modifier les contenus des autres, que possède l’éditeur. Combinez ces droits avec canLockBlocks pour réserver le verrouillage aux personnes qui gèrent le design. Notre guide des rôles et capacités WordPress détaille ces droits.
Nommer, ranger, documenter
Donnez à chaque composition un nom explicite, rangez-la dans une catégorie par fonction, et notez ses dépendances : où elle est utilisée, qui peut la modifier. Avant de modifier une composition synchronisée très utilisée, vérifiez les pages concernées. Le plugin Reusable Blocks Extended, gratuit, liste les contenus où chaque composition synchronisée apparaît.
Déplacer des compositions entre sites
Pour passer une composition d’un site à l’autre, l’export JSON suffit. Pour transformer des compositions créées dans l’éditeur en fichiers de thème, le plugin Create Block Theme les réenregistre dans le thème actif, avec une réserve : sa dernière version n’est déclarée testée que jusqu’à WordPress 6.9.
En ligne de commande, les compositions créées dans l’éditeur, synchronisées ou non, sont des contenus de type wp_block, que l’on peut lister avec WP-CLI. Des commandes dédiées aux compositions sont documentées, mais elles ne font pas encore partie de la version stable de WP-CLI en octobre 2026. Notre sélection de commandes WP-CLI essentielles couvre les commandes disponibles.
wp post list --post_type=wp_block --fields=ID,post_title,post_modified
Performances et imbrication
Les compositions synchronisées ont un coût en performances. Un ticket ouvert en juin 2026 décrit un site d’une centaine de compositions synchronisées qui s’incluaient les unes les autres, parfois plusieurs fois : chaque inclusion répétée relançait un rendu complet, au point que le site ne parvenait plus à charger la liste de ses propres compositions. Évitez d’emboîter des compositions synchronisées en cascade, et limitez leur nombre sur une même page.
Tableau récapitulatif
| Unité | Lien avec la source | Où elle vit | Idéale pour |
|---|---|---|---|
| Composition non synchronisée | Aucun après insertion | Thème, plugin, base ou répertoire | Gabarits d’articles, sections de pages |
| Composition synchronisée | Total, modifiée partout | Base de données | Coordonnées, mentions, appels à l’action |
| Composition avec remplacements | Design commun, contenu par occurrence | Base de données | Cartes, témoignages, fiches |
| Élément de modèle | Partagée par les modèles | Thème, puis base si modifiée | En-têtes, pieds de page |
| Mode contenu seul | Par défaut depuis 7.0 | Réglage de l’éditeur | Protéger les mises en page |
Questions fréquentes
Les compositions synchronisées sont-elles les anciens blocs réutilisables ?
Oui. WordPress 6.3 a renommé les blocs réutilisables en compositions synchronisées, sans changer leur fonctionnement. La nouveauté de cette version était ailleurs : les utilisateurs peuvent désormais créer leurs propres compositions dans l’éditeur, synchronisées ou non, alors que les compositions non synchronisées du cœur et des thèmes existaient depuis WordPress 5.5.
Un thème peut-il fournir une composition synchronisée ?
Pas dans le cœur de WordPress en octobre 2026 : toutes les compositions déclarées par un thème sont non synchronisées. Seules les compositions créées dans l’éditeur, et enregistrées en base, peuvent être synchronisées. Un plugin tiers comble en partie ce manque.
Pourquoi ne puis-je plus déplacer les blocs d’une composition depuis WordPress 7.0 ?
Parce que les compositions non synchronisées s’insèrent désormais en mode contenu seul. Utilisez le bouton d’édition complète de la composition, ou détachez-la. Un développeur peut aussi désactiver ce comportement pour tout le site avec le filtre prévu, et depuis WordPress 7.1, chacun peut le suspendre pour sa session depuis la palette de commandes.
Les remplacements permettent-ils de changer les couleurs ?
Non. Ils ne portent que sur le contenu : textes, images, liens, libellés. La mise en page et les styles restent ceux de la composition synchronisée.
Comment savoir où une composition synchronisée est utilisée ?
WordPress ne l’affiche pas nativement. Le plugin gratuit Reusable Blocks Extended ajoute à l’écran de gestion des compositions une colonne qui liste les contenus utilisant chaque composition synchronisée, à côté de la date de dernière modification de la composition.
Conclusion
Les compositions sont devenues la brique de base de la mise en page dans WordPress. Bien utilisées, elles évitent de refaire dix fois la même section et garantissent qu’une information change partout en une fois. Mal comprises, elles diffusent une erreur sur tout un site, ou bloquent un rédacteur qui ne comprend pas pourquoi il ne peut plus rien déplacer.
Trois décisions font la différence : ce qui doit être synchronisé, qui peut verrouiller et déverrouiller, et comment l’équipe est formée au mode contenu seul de WordPress 7. Prenez-les explicitement, notez-les, et l’outil d’insertion redeviendra un instrument de travail plutôt qu’un catalogue.
Sources
- WordPress.org Documentation (août 2026). Block Patterns
- WordPress.org Documentation. Synced Patterns
- WordPress.org Documentation. Comparing Patterns, Template Parts, and Synced Patterns
- WordPress.org Documentation. Block Pattern Directory
- WordPress.org Patterns. About Patterns
- WordPress.org. Pattern Directory
- WordPress Developer Resources. Introduction to Patterns
- WordPress Developer Resources. Registering Patterns
- WordPress Developer Resources. Patterns and Block Locking
- Block Editor Handbook. Block Locking API
- WordPress Developer Blog, Nick Diego (18 juin 2024). An introduction to overrides in Synced Patterns
- Make WordPress Core (15 mars 2026). Pattern Editing in WordPress 7.0
- Make WordPress Core (16 mars 2026). Pattern Overrides in WP 7.0: Support for Custom Blocks
- Make WordPress Core (4 août 2026). Miscellaneous Editor Changes in WordPress 7.1
- Make WordPress Test (27 février 2026). Call for Testing: Pattern editing and content-only interactivity in WordPress 7.0
- WordPress.org News (27 juillet 2023). Synced Patterns: The Evolution of Reusable Blocks
- WordPress.org News (16 juillet 2024). WordPress 6.6 « Dorsey »
- WordPress.org News (20 mai 2026). WordPress 7.0 « Armstrong »
- Make WordPress Meta (9 juin 2023). New curation filter in Pattern Directory
- GitHub, WordPress/gutenberg, Matías Ventura (5 septembre 2025). Issue 71517, Pattern Editing and contentOnly interactivity
- GitHub, WordPress/gutenberg (décembre 2025). Issue 73775, pattern editing iteration for 7.0
- GitHub, WordPress/gutenberg, Fabian Kägy (12 février 2026). PR 75457, Allow disabling content-only editing for unsynced patterns
- GitHub, WordPress/gutenberg, Ramon Dodd (2026). PR 78383, command palette toggle
- GitHub, WordPress/gutenberg, Steve Ryan (1er juillet 2026). Issue 79795
- GitHub, WordPress/gutenberg (25 septembre 2026). Issue 83540
- GitHub, WordPress/gutenberg (24 juin 2026). Issue 79493, Synced patterns re-render exponentially
- GitHub, WordPress/gutenberg (22 février 2024). Issue 59272, synced theme patterns
- WordPress.org Plugins. Reusable Blocks Extended
- WordPress.org Plugins. Create Block Theme
- WP-CLI. wp block synced-pattern
- NC State University Communications (avril 2025). Synced Patterns: Strategic Implementation Guide
- WordPress.org Plugins. Synced Patterns for Themes
- GitHub, WordPress/gutenberg, Ramon Dodd (10 septembre 2025). Issue 71573, Patterns: add a way to opt-out of default content only mode
- WordPress.org Documentation. Submit your Block Pattern to the Directory
- Block Editor Handbook. Patterns
- WordPress Developer Resources. Using PHP in Patterns
- WordPress.org News (7 novembre 2023). WordPress 6.4 « Shirley »
- Make WordPress Core (8 janvier 2022). Locking Blocks in WordPress 5.9
- Make WordPress Meta (20 juillet 2021). The WordPress Pattern Directory is live
- GitHub. Fabian Kägy (fabiankaegy), profil
- GitHub, WordPress/wordpress-develop (WordPress 7.1.2). block-bindings.php
- GitHub, WordPress/wordpress-develop (WordPress 7.1.2). blocks.php
- GitHub, WordPress/wordpress-develop (WordPress 7.1.2). block-patterns.php
- GitHub, WordPress/wordpress-develop (WordPress 7.1.2). class-wp-theme.php
- GitHub, WordPress/wordpress-develop (WordPress 7.1.2). post.php
- GitHub, wp-cli/wp-cli-bundle (WP-CLI 2.12.0). composer.json
LaFactory conçoit, développe et maintient des sites WordPress et WooCommerce, et développe ses propres plugins. Parlons de votre projet WordPress.
