Les 10 meilleurs plugins multilingues pour WordPress en 2026

par Francis Rozange | Oct 1, 2026 | WordPress

WordPress fait tourner une part considérable du web, mais il ne sait toujours pas publier un site en plusieurs langues sans aide. La feuille de route officielle place le multilingue en « phase 4 », après la collaboration en cours, sans la moindre date.

En attendant, ce sont des plugins qui font le travail. Et ils ne le font pas du tout de la même manière : certains créent un vrai article par langue, d’autres traduisent la page au moment où elle s’affiche, d’autres encore stockent vos traductions sur leurs propres serveurs.

Ce choix d’architecture compte davantage que la liste des fonctions. Il décide de la façon dont Google indexe vos versions, de ce que vous payez chaque année et de ce qui reste sur votre site le jour où vous changez d’avis.

Voici les dix solutions qui méritent votre attention en 2026, avec ce qu’elles font vraiment, leurs limites et le profil de site auquel chacune convient.

Comment nous les avons classés

Nous avons retenu six critères, dans cet ordre d’importance. Le premier est l’architecture : où vivent les traductions, dans votre base de données ou sur les serveurs d’un éditeur, et sous quelle forme.

Le deuxième est la qualité du référencement : une URL distincte par langue, des balises hreflang correctes et réciproques, la traduction des slugs et des métadonnées. Le troisième est le flux de travail : traduction humaine, traduction automatique, relecture, rôles de traducteur.

Viennent ensuite la compatibilité avec WooCommerce et les constructeurs de pages, l’historique de maintenance et de sécurité en 2026, puis le coût total. Ce dernier inclut les renouvellements, les quotas de mots et les modules complémentaires qu’il faut ajouter pour obtenir ce que la page d’accueil promet.

Les chiffres d’installation et les prix ont été relevés en octobre 2026 sur le répertoire officiel de WordPress.org et sur les pages tarifaires des éditeurs. Ils bougent souvent : vérifiez-les avant d’acheter. Si vous partez de zéro, notre sélection des plugins WordPress indispensables vous aidera à composer le reste du socle.

Deux architectures, deux conséquences pour votre référencement

Avant de comparer les produits, il faut comprendre les deux grandes familles. Presque toutes les différences de prix, de performance et de référencement en découlent.

Un contenu WordPress par langue

Dans cette famille, chaque traduction est un article ou une page à part entière, relié à ses équivalents. WPML et Polylang le font dans un site unique. MultilingualPress et Multisite Language Switcher le font avec WordPress Multisite, un site par langue dans un même réseau.

L’avantage est la solidité : vos traductions sont des contenus WordPress ordinaires, éditables, sauvegardés avec le reste, indépendants de tout abonnement. Le revers, c’est le volume : dix langues, c’est dix fois plus de contenus à gérer, et chaque modification du texte source doit être reportée à la main ou par un flux de travail.

Une couche de traduction posée sur la page

Dans la seconde famille, il n’existe qu’un seul contenu, dans la langue d’origine. Le plugin découpe la page rendue en chaînes de texte, les traduit et sert la version demandée. TranslatePress garde ces chaînes dans votre base. Weglot, Linguise, ConveyThis et la version payante de GTranslate les gardent sur leurs serveurs.

La mise en route est rapide, mais elle crée une dépendance : chez les services hébergés, arrêter de payer fait disparaître les traductions de votre site. Et vous payez généralement au nombre de mots, toutes langues confondues.

Ce que Google attend, quelle que soit la famille

La documentation de Google Search Central est claire sur trois points. Chaque langue doit disposer de sa propre URL, plutôt que d’un contenu qui change selon un cookie ou les réglages du navigateur. Les versions doivent être reliées par des balises hreflang réciproques, chaque page citant les autres et elle-même.

Enfin, Google déconseille de rediriger automatiquement un visiteur vers une autre langue, et d’adapter le contenu selon l’adresse IP. Son robot explore sans en-tête de langue et le plus souvent depuis des adresses américaines : un site qui redirige d’office risque de ne lui montrer qu’une seule version.

Un détail que beaucoup de guides oublient : Google détermine la langue d’une page à partir de son contenu visible. Google n’utilise ni l’attribut lang ni la balise hreflang pour détecter la langue ; hreflang sert à relier entre elles des pages équivalentes.

1. WPML : le plus complet pour les sites gérés en équipe

Ce qu’il fait

WPML est l’extension commerciale historique du multilingue sous WordPress. Elle n’est pas distribuée par le répertoire officiel, mais vendue directement par son éditeur, OnTheGoSystems. Chaque traduction y est un contenu distinct, rattaché à un groupe de traduction dans des tables dédiées.

Vous choisissez la structure d’URL : sous-dossiers, sous-domaines, domaines séparés, ou paramètre de langue. WPML insère lui-même les balises hreflang et les tient à jour au fil des modifications.

Points forts

Sa force tient à la couverture : traduction des chaînes de thèmes et de plugins, gestion de traducteurs et de travaux de traduction, module dédié à WooCommerce avec multidevise, compatibilité avec les principaux constructeurs de pages. Peu de configurations lui résistent.

La version 5.0, publiée le 16 septembre 2026, a regroupé l’administration sous un seul menu et rendu la traduction automatique vraiment autonome, sans onglet ouvert. Avec son moteur maison, chaque page est facturée une fois par langue. Les moteurs DeepL, Google et Microsoft y sont désormais présentés comme des options historiques, au profit du moteur maison.

Limites

Il n’existe aucune version gratuite, et l’offre d’entrée ne comprend ni la traduction des chaînes ni WooCommerce. WPML ajoute une vingtaine de tables à votre base, ce qui alourdit les migrations. Son propre support reconnaît que la redirection selon la langue du navigateur n’offre aucune garantie pour l’indexation.

Côté sécurité, une faille d’exécution de code à distance, exploitable à partir d’un compte contributeur via le shortcode du sélecteur de langue, a été corrigée en août 2024 dans la version 4.6.13. Elle rappelle qu’un plugin aussi central doit être mis à jour sans délai.

Prix et public

Au moment où nous écrivons, en octobre 2026, WPML coûte 39 € la première année pour un blog, 99 € pour l’offre CMS (trois sites en production, traduction des chaînes, WooCommerce, crédits de traduction automatique) et 199 € pour l’offre agence aux sites illimités. Il s’adresse aux agences, aux boutiques WooCommerce et aux équipes qui font travailler des traducteurs.

2. Polylang : des traductions qui restent des articles WordPress

Ce qu’il fait

Polylang, édité par WP SYNTEX, relie entre eux des articles, pages, médias, catégories et étiquettes écrits dans des langues différentes. Il s’appuie sur les taxonomies natives de WordPress plutôt que sur des tables à lui. Le répertoire officiel lui attribue plus de 800 000 installations actives.

La langue apparaît dans l’URL sous forme de code de langue (par défaut en sous-dossier), ou par sous-domaine, ou par domaine distinct. Les balises hreflang sont générées automatiquement, la balise x-default seulement sur la page d’accueil.

Points forts

La version gratuite gère un nombre illimité de langues et traduit les types de contenu personnalisés comme les taxonomies. Pour un développeur, l’API est simple et documentée. Vos traductions restent des contenus WordPress ordinaires, ce qui facilite les sauvegardes, l’export et la sortie éventuelle.

La version Pro ajoute la traduction automatique avec DeepL, la traduction des slugs, la possibilité de partager le même slug entre langues et l’import-export XLIFF pour les traducteurs professionnels. Par transparence : le blog que vous lisez tourne sous Polylang.

Limites

WooCommerce exige un module payant. La version gratuite ne propose aucune traduction automatique. La détection de la langue du navigateur redirige les nouveaux visiteurs de la page d’accueil, ce que vous pouvez désactiver si vous suivez la recommandation de Google.

La version stable 3.8.10, publiée le 28 septembre 2026, corrige deux failles signalées via Patchstack. Comme pour tout plugin qui touche à chaque requête, la mise à jour rapide s’impose.

Prix et public

Polylang Pro coûte 99 € HT par an pour un site, avec 50 % de remise sur les renouvellements à ce jour. Le module WooCommerce démarre aussi à 99 €. Polylang convient aux blogs, aux sites vitrines et éditoriaux, et aux développeurs qui veulent des traductions sous forme de contenus natifs.

3. TranslatePress : traduire la page telle qu’elle s’affiche

Ce qu’il fait

TranslatePress, de Cozmoslabs, se range dans la famille des couches de traduction, avec une particularité de taille : tout reste chez vous. Les chaînes traduites sont enregistrées dans des tables de votre base. On traduit directement depuis le site, dans un éditeur visuel qui affiche la page réelle.

Les langues sont servies en sous-dossiers, et un module permet un domaine distinct par langue. Le plugin génère les balises hreflang et propose une option pour la balise x-default. Il compte plus de 400 000 installations actives.

Points forts

L’édition visuelle rend la traduction accessible à des personnes qui ne connaissent pas l’administration de WordPress. Les textes des thèmes et des plugins se traduisent au même endroit que le contenu, ce qui marche bien avec les constructeurs de pages et WooCommerce.

La version gratuite inclut déjà une traduction automatique limitée (TranslatePress AI jusqu’à 2 000 mots, ou Google Translate avec votre propre clé), un mode de traduction purement manuelle et une mémoire de traduction. Les offres payantes ajoutent DeepL (à partir de l’offre Business), un quota de mots bien plus large, les langues supplémentaires et le pack SEO.

Limites

La version gratuite ne gère qu’une langue de traduction. Les traductions sont liées à la chaîne d’origine : modifier une phrase dans la langue source masque sa traduction jusqu’à ce qu’elle soit refaite, sauf retouche mineure si l’option de mémoire de traduction automatique est activée. Elles dépendent aussi de la configuration des langues, à conserver à l’identique en cas de migration.

Surtout, une faille critique d’élévation de privilèges, exploitable sans authentification et touchant les versions jusqu’à 3.3.1, a été publiée le 2 septembre 2026 (CVE-2026-19632, score CVSS 9,8) et signalée comme activement exploitée. Si vous utilisez ce plugin, vérifiez que vous êtes au moins en 3.3.2, et pensez à un plugin de sécurité capable de bloquer ce type d’attaque entre la publication d’une faille et votre mise à jour.

Prix et public

L’offre Personal coûte 99 € par an pour un site, Business 199 € pour trois sites avec tous les modules. TranslatePress convient aux petits et moyens sites qui veulent traduire visuellement tout en gardant leurs données chez eux.

4. Weglot : le service en ligne, rapide à lancer, loué au mot

Ce qu’il fait

Weglot est un service de traduction hébergé. Le plugin WordPress se connecte à votre compte, le service détecte les textes, les traduit automatiquement et sert les versions traduites. Sur WordPress, chaque langue reçoit son sous-dossier, comme /es/ ou /fr/.

Le service ajoute les balises hreflang, mais pas la balise x-default par défaut : il faut passer par un filtre pour l’obtenir.

Points forts

La mise en ligne d’un site traduit se compte en heures. Le glossaire, l’éditeur visuel, la traduction des métadonnées et des textes alternatifs d’images, l’accès à des traducteurs professionnels dès l’offre Business : tout est pensé pour une équipe marketing qui ne veut pas toucher à WordPress.

Comme les traductions sont servies depuis les serveurs de Weglot, votre base de données ne grossit pas.

Limites

C’est l’autre face de la même médaille. Les traductions vivent chez Weglot : si vous résiliez, elles disparaissent de votre site, et l’éditeur précise lui-même que les pages traduites sortent progressivement des moteurs de recherche. Après résiliation, le projet est supprimé au bout de trois mois d’inactivité.

Les quotas comptent chaque mot dans chaque langue, et la traduction des slugs d’URL n’arrive qu’avec l’offre Pro.

Prix et public

Une offre gratuite couvre 2 000 mots et une langue. L’offre Starter coûte 15 € par mois ou 150 € par an pour 10 000 mots, Business 29 € par mois pour 50 000 mots et trois langues. Weglot convient aux sites marketing au volume de texte modeste et aux organisations qui utilisent plusieurs CMS.

Des sphères de verre lumineuses reliées par des fils de lumière, comme un réseau de sites

5. MultilingualPress : un site par langue, pour les grandes structures

Ce qu’il fait

MultilingualPress, développé par l’agence allemande Syde, repose sur WordPress Multisite : chaque langue est un site du réseau, avec ses propres réglages, ses propres plugins et ses propres utilisateurs. Le plugin relie les contenus équivalents d’un site à l’autre et génère les balises hreflang.

Attention à un piège : la fiche présente sur le répertoire officiel correspond à une ancienne version 2.x, abandonnée. Le produit actuel, en version 5, se vend sur le site de l’éditeur.

Points forts

Ce modèle convient aux organisations où chaque langue a sa propre équipe, ses propres règles, parfois ses propres produits. Depuis la version 5.0 de juin 2025, une fonction de traduction automatique s’appuie sur DeepL, OpenAI ou Amazon Translate, les coûts de ces services étant facturés à part par leurs fournisseurs.

Comme chaque traduction est un contenu natif d’un site du réseau, elle survit à la désactivation du plugin. Si vous hésitez sur ce modèle, notre guide de WordPress Multisite détaille ses contraintes.

Limites

Le multisite demande une administration réseau, une configuration par site et un hébergement qui le supporte bien. Le tarif dépend du nombre de langues, ce qui le rend cher pour un simple site bilingue.

Prix et public

L’offre Starter coûte 149 € TTC par an pour deux langues, Professional 499 € pour six langues. MultilingualPress s’adresse aux médias, aux universités et aux groupes internationaux.

Le cas swissinfo.ch : dix langues, onze sites, un seul réseau WordPress

Le meilleur moyen de comprendre ce que change une architecture multilingue est d’en regarder une en production. SWI swissinfo.ch est le service international de la Société suisse de radiodiffusion et télévision. Il publie de l’information sur la Suisse en dix langues, de l’anglais au chinois en passant par l’arabe et le japonais.

Le point de départ

Jusqu’en 2024, la rédaction travaillait sur un CMS propriétaire vieillissant. Dans la présentation donnée à WordCamp Netherlands en 2025, l’agence Syde résume la situation par une architecture fragmentée, qui n’avait été pensée ni pour dix langues ni pour évoluer. L’image d’ouverture parle d’elle-même : un même titre à traduire dix fois, puis dix pages à vérifier avant de publier.

La migration

Avec Syde comme partenaire technique, swissinfo.ch a migré vers WordPress VIP, l’offre d’hébergement d’entreprise d’Automattic. Le projet a duré environ dix-huit mois et s’est achevé en février 2024. Selon le cas client publié par WordPress VIP, il a fallu transférer quelque 300 000 articles et un million d’images.

Le choix du multisite

L’équipe a retenu WordPress Multisite avec MultilingualPress. Chacune des dix rédactions linguistiques dispose de son propre site au sein d’un réseau commun, onze sites au total. Le raisonnement est éditorial avant d’être technique : des rédactions autonomes, avec une gouvernance centrale.

Un article naît dans une langue, puis il est adapté dans d’autres. DeepL fournit un premier jet sur les sujets d’actualité, que les journalistes retravaillent. Certaines histoires partent dans toutes les langues, d’autres restent dans une ou deux. Même les commentaires des lecteurs passent par une détection de langue et une traduction automatique, après modération.

Ce que montre le site aujourd’hui

En examinant le site en octobre 2026, on retrouve exactement les principes de Google. Chaque langue a son sous-dossier (/eng/, /fre/, /ger/, /jpn/…). Les balises hreflang utilisent des codes régionaux, comme fr-CH ou de-CH, et une balise x-default renvoie vers la version anglaise.

Plus instructif encore : un article anglais pris au hasard ne déclare que sept versions, sans allemand, français ni italien. Il n’existe tout simplement pas dans ces langues. Les balises hreflang ne listent que les traductions réelles, ce qu’une architecture « un contenu par langue » permet naturellement.

Ce qu’il faut en retenir

Les résultats publiés sont qualitatifs. La responsable de l’audience de swissinfo.ch souligne auprès de WordPress VIP la facilité, pour les journalistes, de créer des traductions d’articles. Syde avance un cycle de publication des nouvelles fonctions ramené de plusieurs mois à une ou deux semaines, chiffre que l’agence est seule à fournir.

Un avertissement s’impose : toutes les sources de ce récit ont un intérêt commercial, Syde vendant MultilingualPress et WordPress VIP hébergeant le site. La leçon reste solide pour autant. L’architecture a suivi l’organisation de la rédaction, la traduction automatique sert de brouillon dans un circuit éditorial, et ce choix a un coût en infrastructure qui n’a de sens qu’à cette échelle. Un tel projet suppose aussi un hébergement WordPress à la hauteur.

6. GTranslate : du widget gratuit au proxy indexable

Ce qu’il fait

GTranslate, plus de 900 000 installations actives, réunit en réalité deux produits. La version gratuite est un widget : le navigateur du visiteur envoie le texte de la page à Google et affiche la traduction. L’éditeur reconnaît lui-même que cette version n’apporte aucun bénéfice pour le référencement.

Les versions payantes fonctionnent comme un proxy de traduction : GTranslate reproduit votre site dans d’autres langues, sur des sous-domaines, ou des sous-dossiers et vos propres domaines avec l’offre la plus haute, avec des balises hreflang et des URL traduites selon l’offre.

Ce qui a changé en 2026

La version 5.0.1 a remplacé l’ancien widget Google Website Translator, dont la fin de prise en charge est annoncée pour le 1er octobre 2026 selon GTranslate. Elle a aussi resserré les conditions : la version gratuite est désormais réservée aux usages personnels, éducatifs, associatifs ou publics. Un site commercial doit souscrire une offre payante.

Limites et prix

La version gratuite n’est pas indexable et ne convient plus à une entreprise. Les traductions payantes sont automatiques et hébergées chez l’éditeur. Les offres démarrent à 12 dollars par mois. GTranslate convient aux sites non commerciaux qui veulent une aide à la lecture, et aux entreprises qui cherchent une traduction automatique indexable sans limite de mots.

7. Linguise : des langues illimitées à prix fixe

Ce qu’il fait

Linguise est un service de traduction automatique hébergé. Les traductions sont stockées sur ses serveurs, avec un cache local possible. Le service traduit l’URL et le contenu complet de la page, déclare les versions alternatives avec la balise x-default, produit des sitemaps traduits et des URL canoniques.

Points forts et limites

Son intérêt est tarifaire : un prix fixe par site, plus de 80 langues disponibles sans supplément. L’offre de départ coûte 15 dollars par mois pour 200 000 mots traduits, la plus haute 45 dollars avec un volume illimité soumis à un usage raisonnable. Le premier mois est offert.

En face, une base d’utilisateurs encore réduite (un peu plus de 1 000 installations actives sur WordPress.org), aucune offre gratuite durable et des traductions qui restent chez l’éditeur. Linguise convient aux sites qui veulent beaucoup de langues en traduction automatique, pour un budget prévisible.

8. ConveyThis : l’alternative hébergée à petits paliers

Ce qu’il fait

ConveyThis fonctionne sur le même principe que Weglot : traductions stockées sur ses serveurs, servies depuis son réseau de diffusion, balises hreflang ajoutées automatiquement, sous-dossiers ou sous-domaines, URL et slugs traduits.

Points forts et limites

La grille tarifaire est très fine, avec une douzaine de paliers. Une offre gratuite couvre 10 000 mots et une langue, l’offre Starter coûte 12 dollars par mois pour 60 000 mots. C’est pratique pour ajuster la dépense au volume réel.

Le revers est connu : un petit parc installé, une dépendance totale au fournisseur pour vos traductions et une facture qui suit le nombre de mots. ConveyThis convient aux petits sites qui veulent un service hébergé avec une entrée de gamme bon marché.

9. Multisite Language Switcher : le multisite gratuit

Ce qu’il fait

Multisite Language Switcher est l’équivalent gratuit de MultilingualPress. Chaque langue est un site du réseau, et le plugin relie les articles, pages, types de contenu, catégories et taxonomies personnalisées d’un site à l’autre. Il compte quelques milliers d’installations actives et reste maintenu.

Points forts et limites

Le plugin génère les balises hreflang et ne redirige jamais les visiteurs automatiquement, ce qui correspond aux recommandations de Google. Par défaut, les balises n’utilisent que le code de langue (en, de, fr). Pour cibler la Suisse et la France séparément, il faut passer par le filtre msls_head_hreflang.

Il n’offre ni traduction automatique, ni flux de travail, ni gestion de traducteurs : la mise en relation des contenus est manuelle. C’est un excellent choix pour un développeur à l’aise avec le multisite et un budget nul.

10. Loco Translate : pour les chaînes des thèmes et des plugins, pas pour le contenu

Ce qu’il fait

Loco Translate, plus d’un million d’installations actives, ne traduit pas vos articles. Il sert à modifier dans le navigateur les fichiers de traduction des thèmes et des plugins : les boutons, les libellés de WooCommerce, les messages d’erreur. Il range vos traductions personnalisées dans un dossier protégé, pour qu’une mise à jour ne les écrase pas.

Pourquoi il figure ici

Tout site multilingue finit par afficher un bouton resté en anglais ou une phrase mal traduite par un plugin. WPML et TranslatePress règlent ce cas en interne. Avec Polylang ou une solution multisite, Loco Translate est le complément naturel.

Il peut appeler DeepL, Google, Microsoft ou OpenAI avec vos propres clés d’API, et gère le format de traduction plus rapide introduit par WordPress 6.5. Il est gratuit, les services de traduction facturant leur propre usage.

Traduction automatique et référencement : ce que dit Google en 2026

La traduction automatique est devenue excellente, et presque toutes les solutions ci-dessus la proposent. La question n’est plus de savoir si elle est permise, mais à quelles conditions elle reste utile.

La consigne robots.txt a disparu

Le 11 juin 2025, Google a retiré de sa documentation multilingue le passage qui conseillait de bloquer les pages traduites automatiquement. Le moteur a précisé à Search Engine Roundtable que ses règles ne qualifient pas automatiquement de spam un contenu traduit par une IA. Il s’agissait, selon lui, d’un changement de documentation, sans changement de comportement.

Le spam à grande échelle vise toujours la traduction

Les règles anti-spam de Google citent toujours la traduction parmi les transformations automatiques utilisées pour produire des pages en masse sans valeur ajoutée. Une version traduite est jugée sur son utilité réelle pour le lecteur de cette langue, pas sur sa seule existence.

Reddit, un exemple daté

Reddit a traduit automatiquement ses discussions dans plus de vingt langues à partir de 2024, avec des pages traduites signalées par un paramètre d’URL et reliées par hreflang. Le consultant Glenn Gabe a documenté une forte visibilité de ces pages en 2025, puis des baisses nettes en Italie, en Espagne, en Allemagne et en France après la mise à jour principale de mai 2026 et la mise à jour anti-spam de juin 2026.

Retenez la conclusion qu’il en tire : passer à l’échelle par la traduction automatique reste risqué tant que vous n’êtes pas certain de la qualité du résultat. Faites relire vos langues prioritaires avant de les rendre indexables. Pour régler le reste du référencement, notre comparatif des plugins SEO pour WordPress détaille ce que chaque outil gère dans un contexte multilingue.

Comment choisir

Commencez par l’organisation, pas par le plugin. Une seule personne qui traduit un site vitrine en deux langues n’a pas les besoins d’une rédaction internationale.

Selon votre situation

  • Site vitrine ou blog bilingue, budget serré : Polylang gratuit, complété par Loco Translate pour les chaînes.
  • Boutique WooCommerce multilingue : WPML (offre CMS), Polylang avec son module WooCommerce, ou TranslatePress à jour.
  • Équipe marketing sans compétence WordPress, peu de texte : Weglot, en acceptant la dépendance au service.
  • Beaucoup de langues en traduction automatique : Linguise ou GTranslate payant.
  • Rédactions autonomes par pays : MultilingualPress, ou Multisite Language Switcher si vous savez administrer un réseau.

La question à poser avant de signer

Demandez-vous ce qui reste sur votre site le jour où vous changez de solution. Avec WPML, Polylang ou une solution multisite, vos traductions restent des contenus WordPress. Avec TranslatePress, elles restent dans votre base, mais dans un format propre au plugin. Avec un service hébergé, elles partent avec l’abonnement. Si vous vendez en ligne, croisez ce choix avec les plugins WooCommerce que vous comptez utiliser, tous ne sont pas compatibles avec chaque solution.

Tableau récapitulatif

Plugin Architecture Où vivent les traductions Prix d’entrée (oct. 2026)
WPML Un contenu par langue Votre base 39 € la première année
Polylang Un contenu par langue Votre base Gratuit, Pro 99 € HT par an
TranslatePress Couche de traduction Votre base Gratuit (1 langue), 99 € par an
Weglot Couche de traduction Serveurs de l’éditeur Gratuit (2 000 mots), 15 € par mois
MultilingualPress Un site par langue Votre réseau 149 € TTC par an
GTranslate Widget ou proxy Google ou serveurs de l’éditeur 12 $ par mois (usage commercial)
Linguise Couche de traduction Serveurs de l’éditeur 15 $ par mois
ConveyThis Couche de traduction Serveurs de l’éditeur Gratuit (10 000 mots), 12 $ par mois
Multisite Language Switcher Un site par langue Votre réseau Gratuit
Loco Translate Fichiers de traduction Votre serveur Gratuit

Questions fréquentes

WordPress gère-t-il le multilingue nativement ?

Non. La documentation officielle indique que WordPress ne prend pas en charge un site bilingue ou multilingue sans extension. Le multilingue figure dans la quatrième phase de la feuille de route, qui n’a pas de date à ce jour.

Sous-dossier, sous-domaine ou domaine séparé ?

Google accepte les trois. Le sous-dossier est le plus simple à mettre en place et à maintenir, sur un seul hébergement. Le domaine national envoie un signal géographique fort mais multiplie les coûts. Seul le paramètre d’URL, du type ?lang=fr, est déconseillé par Google.

La traduction automatique pénalise-t-elle le référencement ?

Pas en soi. Google ne la classe pas d’office comme spam, mais il juge la valeur de chaque page. Une traduction relue, utile et cohérente se positionne. Des milliers de pages traduites sans contrôle s’exposent aux règles contre le contenu produit à grande échelle.

Que deviennent mes traductions si je change de plugin ou si je résilie ?

Avec WPML, Polylang, MultilingualPress ou Multisite Language Switcher, elles restent des contenus WordPress. Avec TranslatePress, elles restent dans ses tables, inutilisables par un autre plugin sans conversion. Avec Weglot, Linguise, ConveyThis ou GTranslate payant, elles disparaissent de votre site avec l’abonnement.

Faut-il une balise x-default ?

Elle est recommandée, pas obligatoire. Elle indique la page à montrer quand aucune langue ne correspond au visiteur, souvent la version anglaise ou un sélecteur de langue. Son absence n’entraîne aucune pénalité.

Conclusion

Le bon plugin multilingue est d’abord une bonne architecture. Un contenu par langue offre la solidité et la maîtrise de vos données. Une couche de traduction offre la vitesse, au prix d’une dépendance plus ou moins forte selon l’endroit où vivent vos traductions.

Dans tous les cas, respectez les trois règles de Google : une URL par langue, des balises hreflang réciproques, aucune redirection imposée. Et traitez la traduction automatique comme un brouillon à relire, à la manière de swissinfo.ch, plutôt que comme un bouton de publication.

Sources


LaFactory conçoit, développe et maintient des sites WordPress et WooCommerce multilingues, et développe ses propres plugins. Parlons de votre projet WordPress.

Francis Rozange

Ancien chef de rubrique à Libération, il dirige LaFactory, agence web internationale depuis 1996.

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