Les 10 meilleurs plugins d’optimisation d’images WordPress en 2026

par Francis Rozange | Oct 1, 2026 | Performance

Les images restent la ressource la plus lourde du web. Selon le Web Almanac 2025 de HTTP Archive, une page d’accueil médiane charge plus de 900 Ko d’images sur mobile, davantage que tout autre type de fichier. Et l’image principale d’une page, celle qui décide souvent du score de vitesse, est encore un JPEG dans plus de la moitié des cas.

WordPress 7.1, sorti le 19 août 2026, apporte une vraie nouveauté : la compression et la création des miniatures peuvent désormais se faire dans le navigateur, au moment de l’envoi. Mais il ne convertit toujours pas vos JPEG en WebP ou en AVIF par défaut. Ce choix a une histoire, que nous racontons plus bas : en 2022, WordPress a voulu imposer le WebP, puis a reculé.

Ce qu’il ne fait pas, une dizaine de plugins le font, chacun à sa manière. Ce comparatif les juge sur la qualité de compression, la façon de diffuser les formats modernes, le sort réservé à vos originaux, et un modèle de quotas qui varie d’un éditeur à l’autre au point de rendre les prix incomparables sans explication.

Ce que WordPress fait déjà sans plugin

Images adaptatives et seuil des grandes images

Depuis la version 4.4, WordPress ajoute automatiquement les attributs srcset et sizes : le navigateur choisit la taille d’image adaptée à l’écran. Depuis la 5.3, une image envoyée qui dépasse 2 560 pixels est réduite à cette taille et sert d’image « complète », l’original restant conservé à côté.

Chaque envoi produit donc plusieurs fichiers : l’original, une éventuelle copie réduite, et jusqu’à six tailles intermédiaires, de 150 à 2 048 pixels. Retenez ce chiffre, il explique pourquoi les quotas des plugins fondent si vite.

WebP, AVIF et HEIC : accepter n’est pas convertir

WordPress accepte l’envoi de fichiers WebP depuis la version 5.8 et AVIF depuis la 6.5, à condition que le serveur sache les traiter. Depuis la 6.7, les photos HEIC des iPhone sont converties en JPEG, si le serveur sait les lire. Mais un JPEG envoyé reste un JPEG : aucune version ne convertit par défaut vers un format moderne.

Pour le faire sans plugin, un filtre suffit. Celui-ci, tiré de la note de développement de WordPress 6.5, produit des AVIF à partir des JPEG envoyés, si le serveur prend en charge ce format :

function filter_image_editor_output_format( $formats ) {
	$formats['image/jpeg'] = 'image/avif';
	return $formats;
}
add_filter( 'image_editor_output_format', 'filter_image_editor_output_format' );

Vérifiez la prise en charge dans Outils, puis Santé du site, onglet Informations, rubrique Traitement des médias. Ce filtre ne touche que les nouveaux envois, et ne prévoit aucune image de repli pour les rares navigateurs anciens.

WordPress 7.1 : la compression dans le navigateur, et ses limites

WordPress 7.1 confie la compression, le redimensionnement et la création des miniatures au navigateur, grâce à la bibliothèque libvips compilée en WebAssembly. La note de développement annonce des JPEG environ 15 % plus légers, et moins de charge pour le serveur.

Les conditions sont strictes : un envoi fait depuis l’éditeur de blocs, les envois par la médiathèque restant traités par le serveur, un navigateur basé sur Chromium récent, Chrome ou Edge, une connexion HTTPS, un appareil doté de plus de 2 Go de mémoire et d’au moins deux cœurs, et un téléchargement d’environ 13 Mo pour le module de traitement. Firefox et Safari repassent par le serveur. Les images déjà présentes dans la médiathèque ne sont pas retraitées. Pour désactiver ce mode :

add_filter( 'wp_client_side_media_processing_enabled', '__return_false' );

En octobre 2026, seuls Imagify et EWWW documentent leur compatibilité avec ce nouveau mode dans leur journal des modifications. Les autres n’en disent rien encore.

Avec perte ou sans perte : ce que les réglages veulent dire

Une compression sans perte réorganise les données de l’image sans rien changer à ce qui s’affiche. Une compression avec perte retire des détails que l’œil remarque peu, et gagne beaucoup plus. Le Web Almanac 2024 donne un ordre de grandeur : environ 2 pour 1 sans perte, 10 pour 1 pour un JPEG classique avec perte, davantage avec les encodeurs modernes.

Chaque éditeur a son vocabulaire. Imagify parle de compression intelligente ou sans perte, ShortPixel de Lossy, Glossy et Lossless, EWWW de Pixel Perfect et Premium, Smush de Basic, Super et Ultra, Optimole de niveaux automatique, élevé, moyen ou faible. Pour un site de photographe, privilégiez les niveaux les plus doux ; pour un blog ou une boutique, la compression avec perte par défaut convient presque toujours.

Méfiez-vous des pourcentages de gain affichés par les éditeurs : ce sont des chiffres commerciaux. Pour un ordre de grandeur moins commercial, retenez ceux des notes de développement de WordPress 5.8 et 6.5 : un WebP environ 30 % plus léger qu’un JPEG, un AVIF jusqu’à 50 % plus léger.

Comment nous les avons classés

Nous avons lu les fiches du répertoire, les pages de prix, la documentation et, quand c’était nécessaire, les réglages des plugins eux-mêmes. Cinq critères comptent : la qualité et les niveaux de compression ; la méthode de diffusion des formats modernes ; le sort des originaux ; le modèle de quota et le prix ; la maintenance et la préparation à WordPress 7.1.

Un mot sur les quotas : ils ne sont pas comparables. Imagify compte des mégaoctets, ShortPixel et TinyPNG des crédits par fichier, chaque miniature en consommant un, Converter for Media des conversions, Optimole des visites, EWWW de la bande passante et des crédits de compression, Smush de la bande passante. Un seul envoi pouvant produire sept ou huit fichiers, « 100 crédits par mois » peut ne couvrir qu’une douzaine de photos.

1. Imagify : le réglage par défaut le plus serein

Ce qu’il fait

Imagify, de WP Media, l’éditeur de WP Rocket, compte plus d’un million d’installations actives. Il compresse sur ses serveurs, avec un mode intelligent par défaut ou un mode sans perte, et génère des versions WebP et AVIF dans toutes ses offres, gratuite comprise.

Points forts

Les formats modernes sont diffusés par une balise <picture> ou par réécriture côté serveur, avec repli automatique vers le JPEG. Les originaux sont sauvegardés par défaut dans un dossier dédié, et une restauration se fait en un clic. Imagify ignore un fichier moderne plus lourd que l’image optimisée, et il optimise désormais les miniatures créées par WordPress 7.1 dans le navigateur.

Limites

L’offre gratuite plafonne à 20 Mo par mois, environ 200 images selon l’éditeur, et à 2 Mo par image. Le quota est partagé entre tous les sites qui utilisent la même clé, et chaque taille optimisée le consomme. Imagify n’a pas de réseau de diffusion propre.

Prix et public

Au moment où nous écrivons, l’offre Growth coûte 4,99 dollars par mois en facturation annuelle pour 500 Mo, et l’offre Infinite 9,99 dollars par mois en facturation annuelle, ou 11,99 dollars au mois, sans limite. Imagify convient aux petits et moyens sites qui veulent un réglage unique et oublier le sujet, en particulier avec WP Rocket.

2. ShortPixel : le choix des agences et des grosses médiathèques

Ce qu’il fait

ShortPixel, plus de 300 000 installations, compresse en trois modes, Lossy, Glossy pour les photographes et Lossless, et produit WebP et AVIF. Il traite aussi des dossiers hors médiathèque, convertit les HEIC en JPEG et propose des textes alternatifs générés par IA.

Points forts

Une clé couvre un nombre illimité de sites, et les packs de crédits achetés une fois n’expirent jamais : idéal pour traiter une grosse médiathèque existante. Trois méthodes de diffusion sont proposées, et l’éditeur recommande lui-même la réécriture côté serveur ou son CDN plutôt que la balise <picture>. Le traitement continue en arrière-plan, sans onglet ouvert.

Limites

Chaque miniature coûte un crédit, et chaque conversion aussi. Les crédits mensuels expirent après trente jours. Le plugin ne fonctionne pas en local, et sa version 6.5.6 de septembre 2026 a renforcé un composant contre une injection d’objet signalée par des chercheurs.

Prix et public

Au moment où nous écrivons, l’offre gratuite donne 100 crédits par mois. L’offre illimitée coûte 10,99 dollars par mois ou 99,90 dollars par an, et un pack de 30 000 crédits 19,99 dollars une fois. ShortPixel convient aux agences, aux catalogues WooCommerce et aux grandes médiathèques à rattraper.

3. EWWW Image Optimizer : gratuit et illimité, sur votre serveur

Ce qu’il fait

EWWW Image Optimizer, plus d’un million d’installations, est le seul du comparatif à compresser gratuitement sur votre propre serveur, avec les outils classiques de compression d’images, sans limite de volume. Il faut pour cela que l’hébergeur autorise la fonction PHP exec().

Points forts

Il ne remplace un fichier que si la version optimisée est plus légère, garde des sauvegardes locales gratuites et propose une commande WP-CLI pour les traitements en masse. Il offre la palette de diffusion la plus large : règles Apache ou LiteSpeed en un clic, règles Nginx, réécriture en JavaScript, balise <picture> ou CDN. Il permet aussi de désactiver le traitement dans le navigateur de WordPress 7.1.

Limites

La compression locale gratuite est surtout sans perte, et les gains forts passent par l’API payante. L’AVIF n’est disponible que par son CDN Easy IO. Les règles de réécriture ne fonctionnent pas derrière Cloudflare, et la balise <picture> ignore les images de fond en CSS. Une faille d’injection d’objet a été corrigée en septembre 2026.

Prix et public

Le plugin est gratuit. Au moment où nous écrivons, les offres payantes, pour un nombre illimité de sites, démarrent à 8 dollars par mois ou 80 dollars par an. EWWW convient aux développeurs et aux propriétaires techniques sur un hébergement qui autorise exec().

4. Smush : le nom connu, mais l’essentiel est payant

Ce qu’il fait

Smush, de WPMU DEV, plus d’un million d’installations et le plus grand nombre d’avis du comparatif, propose trois niveaux : Basic sans perte, Super, qui exige un compte WPMU DEV gratuit, et Ultra, payant. Il ajoute le chargement différé, et dans sa version Pro la précharge et les dimensions manquantes des images.

Points forts

La conversion WebP directe de la version Pro ne demande aucune règle serveur, et son CDN de 119 points de présence sert les formats modernes. L’option de sauvegarde des originaux permet de revenir en arrière.

Limites

La version gratuite ignore les images de plus de 5 Mo et ne compresse pas le fichier original en pleine taille. WebP, AVIF et CDN sont réservés à la version Pro. En août 2026, le domaine du CDN a changé, de smushcdn.com à assetcdn.net : si votre site utilise une politique de sécurité du contenu, mettez-la à jour.

Prix et public

Au moment où nous écrivons, Smush Pro coûte 50 dollars par an pour un site, 75 dollars pour trois et 100 dollars pour dix. Smush convient aux débutants qui veulent un nom connu, et aux abonnés WPMU DEV.

5. Optimole : tout sur son réseau, rien sur le disque

Ce qu’il fait

Optimole, plus de 200 000 installations, ne touche pas à vos fichiers. Il remplace les adresses de vos images par des adresses sur son réseau, qui renvoie à chaque visiteur une image redimensionnée pour son écran, en WebP ou en AVIF selon son navigateur.

Points forts

Aucun fichier supplémentaire sur le serveur, aucune médiathèque à retraiter : tout se fait à la volée. Le nombre d’images est illimité, la qualité s’adapte aux connexions lentes, et l’éditeur indique qu’il peut cohabiter avec un autre optimiseur.

Limites

Le prix dépend du trafic, chaque visiteur unique comptant par jour. L’offre gratuite s’arrête à 2 000 visites par mois, et au-delà de la limite d’une offre payante, l’éditeur vous demandera de passer à la suivante. Vos images dépendent d’un service tiers.

Prix et public

Au moment où nous écrivons, l’offre Starter coûte 22,90 dollars par mois ou 229 dollars par an pour 48 000 visites mensuelles. Optimole convient aux sites riches en images et à trafic modeste qui ne veulent rien ajouter sur le serveur. Il complète bien les plugins de vitesse WordPress.

Une vitre qui se dédouble en deux panneaux de teintes différentes

6. TinyPNG : simple, pour les petits volumes

Ce qu’il fait

Le plugin de TinyPNG, plus de 100 000 installations, utilise un seul moteur avec perte, sans niveaux à régler. Il convertit en WebP ou en AVIF, ou choisit automatiquement le format le plus léger, et diffuse par règles serveur ou balise <picture>. Il peut conserver les métadonnées de droits d’auteur et de localisation.

Points forts et limites

Le moteur est réputé, et la sauvegarde des originaux est disponible depuis la version 3.8.0. Mais l’offre gratuite donne 500 compressions par mois, soit environ cent images selon l’éditeur, et cinquante avec conversion, chaque image consommant le double. Une fois la limite atteinte, les nouveaux envois ne sont simplement plus optimisés.

Prix et public

Au-delà des 500 compressions gratuites, chaque compression coûte 0,009 dollar, puis moins au-delà de 10 000 par mois, au moment où nous écrivons. TinyPNG convient aux blogs à faible volume et aux équipes qui utilisent déjà son API.

7. Converter for Media : le WebP sans toucher au HTML

Ce qu’il fait

Converter for Media, plus de 500 000 installations, convertit vos images en WebP, et en AVIF dans sa version PRO. Il ne recompresse pas vos JPEG et PNG d’origine : c’est un convertisseur, pas un compresseur.

Points forts

Son mode par défaut ne change aucune adresse : le serveur renvoie le WebP ou l’AVIF à la place du JPEG, de façon invisible, si le navigateur l’accepte. Les originaux ne sont jamais modifiés, les fichiers produits sont rangés dans un dossier séparé, et le plugin efface tout derrière lui à la désinstallation.

Limites

Son mode par défaut demande Apache ou LiteSpeed avec les modules adéquats, ou une configuration Nginx manuelle ; un mode « Pass Thru », qui passe par PHP, se passe de toute règle serveur. Les images servies depuis un CDN externe ne sont pas prises en charge, sauf BunnyCDN. Une faille de son mode « Pass Thru » a été corrigée en janvier 2026.

Prix et public

La conversion WebP est gratuite. Au moment où nous écrivons, la version PRO démarre à 5 dollars par mois pour 10 000 conversions mensuelles, ou 50 dollars par an pour 120 000 conversions, pour un nombre illimité de sites. Converter for Media convient aux sites sous Apache ou LiteSpeed qui veulent du WebP sans payer ni toucher au HTML.

8. Modern Image Formats : l’approche la plus proche du cœur

Ce qu’il fait

Modern Image Formats est le plugin de l’équipe Performance de WordPress, plus de 100 000 installations, gratuit, sans compte ni quota. Il génère les tailles intermédiaires en AVIF si le serveur le permet, en WebP sinon, et les utilise dans le contenu et les blocs Bannière et Groupe.

Points forts et limites

L’original envoyé reste un JPEG ou un PNG, et un fichier moderne plus lourd que l’original est écarté. Mais il ne compresse pas les originaux, n’a ni CDN ni traitement en masse, et ne touche qu’aux nouveaux envois. Pour convertir l’existant, il faut régénérer les miniatures, par exemple avec wp media regenerate, une commande présentée dans notre sélection de commandes WP-CLI.

Prix et public

Gratuit. Modern Image Formats convient aux développeurs qui veulent rester au plus près de WordPress, sur un hébergement capable de produire de l’AVIF, et à ceux qui refusent tout service tiers. Il est le descendant direct de l’histoire qui suit.

Le cas réel : le jour où WordPress a voulu imposer le WebP

De mars à septembre 2022, l’équipe Performance de WordPress a tenté de faire du WebP le format par défaut pour tous les sites. L’épisode est documenté pas à pas sur le blog officiel des développeurs, dans l’historique du code et par WP Tavern. Il montre que le choix qu’un plugin d’images fait pour vous n’a rien d’anodin.

La proposition

Le 28 mars 2022, Adam Silverstein publie la proposition : pour chaque JPEG envoyé, WordPress générerait aussi des versions WebP de toutes les tailles et servirait le WebP aux visiteurs. Gain annoncé, environ 30 % de poids en moins. Coût admis, deux fois plus de travail pour le serveur à chaque envoi et environ 70 % de stockage supplémentaire. La proposition reçoit 154 commentaires en deux semaines.

Le premier recul, puis les données

Le 12 avril, l’équipe annonce avoir entendu les critiques et lance des recherches sur l’impact des envois et la compatibilité. Le 30 juin, elle revient avec des données : une enquête auprès de dix-sept hébergeurs, selon laquelle, chez les grands hébergeurs, la grande majorité des sites ne serait pas touchée même avec un stockage doublé, et une compatibilité quasi totale des navigateurs et des clients de messagerie.

Le plan est révisé : WebP seulement pour les tailles de WordPress, un fichier conservé seulement s’il est plus léger, une image de repli pour les rares navigateurs anciens. Le 21 juillet 2022, le code entre dans WordPress, prévu pour la version 6.1.

L’objection et la décision

En août, Andrew Ozz, développeur principal de WordPress, s’y oppose. Pourquoi deux fois plus de fichiers, quand la moitié ne servira jamais ? Il juge la charge supplémentaire à l’envoi lourde de conséquences : des envois qui échouent et des demandes d’assistance en hausse. Adam Silverstein répond qu’une image est servie bien plus souvent qu’elle n’est envoyée, de plusieurs ordres de grandeur.

Les 6 et 7 septembre, l’équipe bascule vers une version plus légère, avec des tailles intermédiaires uniquement en WebP. Le 11 septembre, Matt Mullenweg tranche : imposer cette conversion à tous les sites lors de la mise à jour vers la 6.1, c’est trop pour le moment. Il propose d’en faire un plugin officiel. Le 19 septembre, le code est retiré.

Ce qu’il en reste

WordPress 6.1 sort le 1er novembre 2022 sans WebP par défaut. Le module devient le plugin WebP Uploads, rebaptisé Modern Image Formats, qui produit aujourd’hui de l’AVIF par défaut. WordPress accepte l’AVIF depuis la 6.5, convertit les HEIC depuis la 6.7, compresse dans le navigateur depuis la 7.1. Mais quatre ans plus tard, la règle n’a pas changé : aucune conversion automatique vers un format moderne.

Ce que l’histoire enseigne

Un changement de format multiplie les fichiers et la charge sur chaque hébergement. Pour un réglage qui touche une part considérable du web, ces coûts ont pesé plus lourd que les octets économisés. Or c’est précisément le choix que chaque plugin d’images fait pour vous : générer un second format ou non, garder les originaux ou non, diffuser par réécriture, balise ou CDN. Lisez ses réglages avant de lancer une optimisation en masse.

9. Jetpack Boost : un CDN d’images gratuit, sans quota

Ce qu’il fait

Jetpack Boost, d’Automattic, plus de 200 000 installations, fonctionne sans le plugin Jetpack. Son module Image CDN, gratuit, sert vos images redimensionnées et en WebP depuis le réseau mondial de Jetpack, sans modifier vos fichiers ni votre base de données.

Points forts et limites

Aucun quota à gérer, rien à traiter en masse. En revanche, la documentation ne mentionne pas l’AVIF, les images de plus de 50 Mo ne sont pas traitées, et les images en cache ne peuvent pas être purgées automatiquement. La version payante ajoute un réglage de qualité par format.

Prix et public

Le CDN d’images est gratuit. Au moment où nous écrivons, Jetpack Boost payant affiche 239,40 dollars par an au prix catalogue. Jetpack Boost convient aux sites qui veulent un CDN d’images gratuit sans rien gérer, en particulier s’ils utilisent déjà les outils d’Automattic.

10. Image Optimization par Elementor : pratique, mais mal noté

Ce qu’il fait

Le plugin d’Elementor, rebaptisé Image Optimization en juin 2026 mais toujours intitulé Image Optimizer dans le répertoire, compte plus d’un million d’installations. Il compresse sur les serveurs d’Elementor, avec ou sans perte, convertit en WebP et AVIF, redimensionne par défaut à 1 920 pixels et conserve les originaux, avec une restauration de toutes les tailles.

Points forts et limites

Pour un site construit avec Elementor, l’intégration est naturelle. Mais il exige un compte Elementor actif, et sa note sur le répertoire est la plus basse du comparatif, 1,7 sur 5. Sa fiche indiquait en octobre 2026 des tests jusqu’à WordPress 7.0, alors que la 7.1 était sortie.

Prix et public

L’offre gratuite, présentée comme un essai, couvre 200 crédits au total, un par fichier optimisé, soit une cinquantaine d’images avec les réglages par défaut selon l’éditeur, avec 10 Mo par image. Les offres payantes passent par le compte Elementor et n’étaient pas affichées publiquement. Ce plugin convient aux sites Elementor qui veulent une solution intégrée, après lecture des avis.

Réécriture, balise picture ou CDN : choisir sa méthode de diffusion

La réécriture côté serveur

L’adresse de l’image ne change pas : le serveur renvoie le WebP ou l’AVIF si le navigateur l’accepte. C’est la méthode la plus propre, utilisée par Converter for Media, EWWW, ShortPixel, Imagify ou TinyPNG. Elle exige Apache ou LiteSpeed, ou des règles Nginx écrites à la main, et peut mal cohabiter avec un cache ou un CDN placé devant le site.

La balise picture

Le HTML est réécrit pour proposer plusieurs sources, avec le JPEG en repli. Elle fonctionne partout, mais ne touche pas aux images de fond en CSS et peut perturber certains styles. ShortPixel la considère comme la méthode la moins recommandée, alors qu’Imagify la présente comme la solution à privilégier : les éditeurs ne sont pas d’accord.

Le CDN d’images

Les adresses pointent vers un réseau qui choisit le format et la taille pour chaque visiteur : Optimole, Jetpack, Easy IO d’EWWW, ShortPixel ou Smush. C’est le plus confortable, au prix d’une dépendance et d’un quota en visites ou en bande passante. Le choix de l’hébergeur compte aussi, comme le montre notre comparatif des hébergements WordPress.

Comment choisir

  • Un site qui veut un réglage unique : Imagify, ou ShortPixel pour plusieurs sites.
  • Un hébergement qui autorise exec() et un budget nul : EWWW, ou Converter for Media pour le seul WebP.
  • Une grosse médiathèque existante : ShortPixel et ses crédits à vie.
  • Aucun fichier en plus sur le serveur : Optimole ou le CDN de Jetpack Boost.
  • Rester au plus près de WordPress : Modern Image Formats, ou le filtre de sortie du cœur.

N’empilez pas deux plugins qui font la même chose. Après une optimisation, mesurez sur des données réelles, comme l’explique notre guide des correctifs Core Web Vitals.

Tableau récapitulatif

Plugin Modèle Formats modernes Originaux Gratuit / prix d’entrée (oct. 2026)
Imagify Service en ligne WebP, AVIF Sauvegardés par défaut 20 Mo par mois / 4,99 $ par mois (annuel)
ShortPixel Service en ligne ou CDN WebP, AVIF Sauvegarde en option 100 crédits par mois / 10,99 $ par mois
EWWW Serveur ou API WebP, AVIF par CDN Remplacés seulement par plus léger, sauvegarde en option Illimité en local / 8 $ par mois
Smush Service en ligne ou CDN Pro seulement Sauvegarde en option Limité / 50 $ par an
Optimole CDN WebP, AVIF Intacts 2 000 visites par mois / 22,90 $ par mois
TinyPNG Service en ligne WebP, AVIF Sauvegarde en option 500 compressions par mois / à l’unité
Converter for Media Serveur WebP, AVIF en PRO Intacts WebP gratuit / 5 $ par mois
Modern Image Formats Serveur AVIF ou WebP Intacts Gratuit
Jetpack Boost CDN WebP Intacts CDN gratuit
Image Optimization (Elementor) Service en ligne WebP, AVIF Conservés 200 crédits au total (environ 50 images)

Questions fréquentes

Faut-il encore un plugin avec WordPress 7.1 ?

Souvent, oui. WordPress 7.1 compresse mieux les nouvelles images, mais seulement pour les envois faits depuis l’éditeur de blocs, dans un navigateur Chromium récent, en HTTPS. Il ne convertit pas en WebP ou AVIF sans filtre et ne retraite pas la médiathèque existante.

Faut-il garder les originaux ?

Oui, tant que l’espace disque le permet. Un original permet de recompresser avec un autre réglage ou un autre outil. Les plugins qui remplacent les fichiers proposent presque tous une sauvegarde : activez-la avant le premier traitement en masse.

AVIF ou WebP ?

L’AVIF est généralement plus léger, et tous les navigateurs majeurs actuels le prennent en charge, mais son encodage est plus lent et tous les serveurs ne savent pas le produire. Le WebP reste un choix sûr. Les meilleurs plugins proposent les deux, avec repli.

Peut-on utiliser plusieurs plugins ensemble ?

Évitez d’activer deux fois la même fonction, compression ou conversion. Certaines combinaisons sont prévues, comme un optimiseur de fichiers avec le CDN d’Optimole, selon son éditeur. Dans le doute, un seul outil.

Pourquoi PageSpeed signale-t-il encore mes images ?

Depuis Lighthouse 13, les anciens audits d’images sont regroupés dans l’analyse « Améliorer l’affichage des images », qui vérifie la compression, les formats, les GIF animés et les tailles adaptées. Une image trop grande pour son emplacement reste signalée, même compressée.

Que se passe-t-il à la désinstallation ?

Cela dépend de l’outil. Les images compressées restent compressées avec Imagify. Converter for Media efface ses fichiers. Avec un CDN comme Optimole, les adresses reviennent simplement à vos fichiers d’origine, sauf si vous avez déchargé la médiathèque sur son cloud, une option payante à annuler d’abord.

Conclusion

WordPress 7.1 compresse mieux, mais laisse toujours à d’autres la question des formats modernes. Imagify offre le réglage le plus serein, ShortPixel convient aux agences et aux grosses médiathèques, EWWW compresse gratuitement et sans limite pour qui contrôle son serveur, Optimole et Jetpack déplacent le problème sur leur réseau.

L’histoire de 2022 rappelle l’essentiel : générer un second format, garder ou non les originaux, choisir la méthode de diffusion, ce sont de vrais choix, avec un coût. Lisez les réglages de votre plugin, mesurez avant et après, et ne confiez pas toute votre médiathèque à un traitement en masse sans sauvegarde.

Sources


LaFactory conçoit, développe et maintient des sites WordPress et WooCommerce rapides, médiathèque comprise. Parlons de votre projet WordPress.

Francis Rozange

Ancien chef de rubrique à Libération, il dirige LaFactory, agence web internationale depuis 1996.

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